Passons à la michna 2 du troisième chapitre, qui traite de deux cas : celui du Cohen Machia'h ayant quitté sa fonction d'oint et celui du Nassi ayant quitté sa grandeur, qui ont fauté après avoir cessé d'exercer leur fonction.
Le Cohen Machia'h ayant quitté sa fonction d'oint :
Un Cohen Gadol qui a rempli sa fonction puis a cessé de l'exercer (il a contracté une infirmité permanente, s'est rendu impur, ou a vieilli au point de ne plus pouvoir officier) et qui a fauté par la suite. Autrement dit, au moment où il n'est plus le Cohen Gadol en exercice, il a commis une transgression pour laquelle il aurait apporté un taureau de Cohen Machia'h s'il avait été le Cohen Gadol en exercice : il a rendu pour lui-même une décision, puis a agi selon sa décision dans une transgression dont la sanction est un 'hatat fixe.
Le Nassi ayant quitté sa grandeur :
"Ve'khen ha-nassi she'avar mi'gedoulato ve'a'har ka'h 'hata" - un roi qui n'exerce plus sa fonction de roi et qui, alors qu'il n'est plus qu'un homme ordinaire, a transgressé un interdit obligeant à apporter un 'hatat.
La loi de la michna dans les deux cas :
"Cohen Machia'h mevi par" - le Cohen Machia'h apporte un taureau de Cohen Machia'h comme auparavant, car dès lors qu'un homme est devenu Cohen Gadol, il reste Cohen Gadol pour toujours. Il ne perd pas sa sainteté, même s'il n'exerce plus la fonction de Cohen Gadol.
"Ve'nassi ke'hedyot" - aucune sainteté n'est conférée au roi, et dès l'instant où il n'est plus roi, il est comme un homme ordinaire. C'est pourquoi le Nassi apporte le même 'hatat qu'un homme ordinaire apporte : une chèvre ou une brebis femelle.
Précision sur l'expression "ve'khen" :
Une lecture attentive de la michna soulève une difficulté. L'expression "ve'khen" ("de même") indique que le même principe s'applique dans les deux cas, alors qu'en réalité il ressort de la michna que le Cohen Gadol apporte son offrande habituelle, tandis que le roi qui n'est plus roi apporte une offrande différente. Il n'y a donc ici aucun "de même", et les deux lois ne se ressemblent nullement.
Le Tossefot HaRach relève ce point et répond que l'expression "ve'khen" n'a été employée que pour établir un parallèle avec la michna précédente, aux fins de la mémorisation. En tout état de cause, il ne faut pas prendre ce "ve'khen" au sens littéral, car la différence entre les deux lois est considérable.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris la loi du Cohen Machia'h ayant quitté sa fonction d'oint et du Nassi ayant quitté sa grandeur, qui ont fauté après avoir cessé leur fonction : le Cohen Machia'h apporte un taureau, car la sainteté du Cohen Gadol ne s'éteint jamais en lui ; tandis que le Nassi a le statut d'un homme ordinaire et apporte une chèvre ou une brebis femelle, car aucune sainteté n'est conférée au roi. Nous nous sommes également penchés sur la précision de l'expression "ve'khen", et sur la réponse du Tossefot HaRach selon laquelle l'emploi de cette expression ne vise qu'à établir un parallèle.