Erouvin, chapitre cinq, michna 9. Cette michna constitue en grande partie la suite de la michna précédente. À la fin de la michna précédente, les Sages et Rabbi Akiva étaient en désaccord au sujet d'un homme qui a déposé son érouv dans une autre ville : cette ville reçoit-elle le statut de sa propre ville, de sorte que le décompte des deux mille coudées ne commence qu'à l'extérieur de la ville, ou bien doit-il compter à partir de l'endroit où se trouve l'érouv ? Rabbi Akiva estimait que le décompte commence à partir du lieu même de l'érouv, et que la ville n'est pas considérée pour lui comme ses quatre coudées.
L'argument de Rabbi Akiva :
Rabbi Akiva s'adresse aux Sages : "Ei atem modim li benoten érouvo bameara, chééin lo mimekom érouvo èla alpaïm ama" - ne me concédez-vous pas que celui qui dépose son érouv dans une grotte qui possède des parois n'a que deux mille coudées à partir du lieu de l'érouv ? La grotte n'est pas considérée comme son lieu, mais le décompte se fait à partir de l'endroit où se trouve l'érouv à l'intérieur de la grotte, et non à partir de ses parois.
La réponse des Sages :
Les Sages lui répondirent : "Eimataï ? Bizman chééin ba diourin" - tes propos ne sont exacts que dans une grotte qui n'a pas d'habitants. Il faut préciser le sens de ces mots : cela ne signifie pas qu'il n'y a personne qui y habite effectivement, mais qu'elle n'est absolument pas apte et propice à l'habitation, c'est à dire une grotte qui n'a ni murs ni cloisons l'entourant.
Mais "aval yèch ba diourin - mehalèkh ète koula vehoutsa la alpaïm ama" - c'est à dire qu'elle a des murs dans lesquels on peut habiter : il parcourt toute la grotte, et à l'extérieur encore deux mille coudées, car le décompte ne commence qu'après les parois de la grotte. Dans ce cas, la grotte ne diffère pas d'une ville, et les Sages ne concèdent pas à Rabbi Akiva.
"Nimtsa kal tokha méal gaba" :
Du mode de fonctionnement de la grotte il ressort que "kal tokha méal gaba" - il y a une plus grande indulgence à déposer l'érouv à l'intérieur de la grotte qu'à le déposer sur son sommet. Si l'érouv a été déposé sur le sommet de la grotte, il n'y a là aucune cloison, et même les Sages concèdent dans ce cas à Rabbi Akiva que l'on mesure deux mille coudées à partir de l'érouv lui-même, puisqu'il n'y a pas de cloisons à partir desquelles on pourrait compter. Mais lorsque l'érouv est déposé à l'intérieur de la grotte, la loi est plus indulgente, et la mesure commence après les cloisons de la grotte.
"Velamoded chéamerou" :
Quoi qu'il en soit, la michna ajoute : "velamoded chéamerou - notnin lo alpaïm ama" - sur ce point, les Sages sont d'accord avec la position de Rabbi Akiva. Dans la michna précédente, les Sages ont concédé et ont dit que celui qui mesure ses deux mille coudées à partir du lieu de son érouv, on ne lui accorde que deux mille coudées, "chéafilou sof midato kalé bameara" - et même si le terme de la mesure tombe au milieu d'une grotte, et à cet égard même une grotte qui a des habitants et dans laquelle des gens vivent, et même une ville. Si la mesure se termine au milieu de ce lieu, c'est là que s'arrête son territoire et il ne peut pas continuer plus loin.
En résumé : dans cette michna, Rabbi Akiva a argumenté à partir de celui qui dépose son érouv dans une grotte, à savoir qu'il n'a que deux mille coudées depuis le lieu de l'érouv, et les Sages ont distingué : une grotte qui n'est pas apte à l'habitation - on mesure à partir du lieu de l'érouv ; et une grotte qui a des habitants, c'est à dire qui possède des cloisons - il parcourt toute la grotte et à l'extérieur encore deux mille coudées, comme la loi d'une ville. De là que "kal tokha méal gaba", car sur le sommet de la grotte il n'y a aucune cloison. Et malgré cela, celui qui mesure deux mille coudées dont le terme de la mesure se termine à l'intérieur d'une grotte ou d'une ville - c'est là que s'interrompt son territoire.