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Erouvin Chapitre 3, Michna 4: lorsque le erouv n'est pas accessible

Erouvin, chapitre 3, michna 4. Nous avons déjà mentionné que le erouv, y compris le erouv te'houmin, doit être accessible à la personne qui le dépose au moment de bein hachemachot, qui est le moment où le erouv prend effet. Notre michna traite des cas où le erouv n'est pas accessible pour diverses raisons, ainsi que des cas où l'on ne peut pas savoir avec certitude s'il était accessible à ce moment là.

Les cas où le erouv n'est pas accessible :

  • "nitgalguel 'houts latehoum" - la nourriture déposée pour le erouv te'houmin a roulé au delà du te'houm de la personne. Le erouv te'houmin doit être déposé à l'intérieur du te'houm existant de la personne, et l'on peut même le déposer à l'extrémité du te'houm, ce qui lui fixe alors un nouveau point central, à partir duquel elle peut marcher deux mille amot supplémentaires, mais elle doit pouvoir atteindre le erouv dès le départ. Dès lors que le erouv a roulé au delà de son te'houm, il n'est pas accessible pendant bein hachemachot, et ce n'est pas un erouv valable.

  • "venafal alav gal" - un amas de pierres est tombé sur le erouv, de sorte que son extraction nécessite du matériel et un travail de creusement (une pioche ou similaire), qui sont des travaux interdits le Chabbat, et il n'est donc pas accessible.

  • "o nisraf" - le erouv a brûlé et n'existe plus du tout.

  • "o Terouma venitmet" - le erouv était de la Terouma qui est devenue impure, et la Terouma impure n'est pas propre à la consommation, même pour un kohen ; elle n'est propre à la consommation pour personne, et n'est donc pas accessible.

Le moment déterminant :

  • "mibéod yom - eno erouv" - si l'un de ces incidents s'est produit avant l'entrée du Chabbat, ce n'est pas un erouv.

  • "micheté'hachach - haré zé erouv" - s'il s'est produit après la tombée de la nuit, une fois le Chabbat entré, c'est un erouv valable, car il suffit qu'il soit accessible au moment où le erouv prend effet, à bein hachemachot.

"veim safek" :

Quelle est la règle lorsqu'on ne sait pas avec certitude si le Chabbat était déjà entré au moment de l'incident ? Rabbi Méir et Rabbi Yehouda disent : "haré zé 'hamar gamal" - la personne ressemble à celui qui est à la fois ânier et chamelier en même temps. Le sens de cette comparaison : celui qui se trouve entre un âne et un chameau conduit l'âne par derrière, l'âne marchant devant lui et le tirant, tandis qu'il doit tirer le chameau par devant. Il se retrouve donc tiré dans deux directions.

Concrètement, dans le doute, la personne doit tenir compte des deux possibilités : il se peut qu'elle ait acquis un nouveau point de repos à l'endroit où elle a déposé le erouv te'houmin, et il se peut que le erouv ne soit pas valable et que son lieu de repos soit sa maison d'origine. Comment cela ? Lorsque la distance entre la maison et le erouv est légèrement inférieure à deux mille amot (par exemple, elle a déposé le erouv à mille neuf cents amot à l'est de sa maison), elle ne peut pas marcher vers l'est au delà du erouv, car peut être le erouv n'est pas valable et son point central est sa maison ; et elle ne peut pas non plus marcher à l'ouest de sa maison, car peut être le erouv est valable, et alors ses deux mille amot se terminent juste après sa maison. Il en résulte qu'elle est limitée à marcher uniquement entre ces deux endroits.

L'avis de Rabbi Yossi et de Rabbi Chimon :

Rabbi Yossi et Rabbi Chimon sont en désaccord et estiment que "safek erouv kacher" - on est indulgent dans les questions de erouv. Rabbi Yossi a dit : "héid Touma michoum 'hamicha zékénim" - il a témoigné au nom de cinq anciens, cinq talmidé 'hakhamim, qu'un erouv douteux est valable, car on est indulgent dans le doute concernant le erouv. Et telle est la halakha.

En résumé : le erouv doit être accessible au moment de bein hachemachot. Un incident survenu de jour, à savoir avoir roulé au delà du te'houm, un amas de pierres tombé dessus, avoir brûlé, ou être de la Terouma devenue impure, invalide le erouv ; s'il est survenu après la tombée de la nuit, le erouv est valable. Et dans le cas d'un doute, ils sont en désaccord : pour Rabbi Méir et Rabbi Yehouda "haré zé 'hamar gamal", et la personne est limitée à marcher entre les deux endroits ; pour Rabbi Yossi et Rabbi Chimon, un erouv douteux est valable, et telle est la halakha.