Erouvin chapitre 5 michna 2. Dans la michna précédente, nous avons appris que toute maison ou tout lieu d'habitation situé à moins de soixante dix coudées et deux tiers de coudée de la ville crée ce que l'on appelle le 'ibour ha'ir', une extension qui élargit la limite de la ville.
Notre michna enseigne un autre type d'extension de la ville : même s'il n'y a pas de zones d'habitation en dehors de la ville, et que l'on n'a devant soi que le mur de la ville lui même, on élargit tout de même le domaine de la ville de soixante dix coudées et deux tiers de coudée supplémentaires. Cette extension s'appelle 'karpef'.
Opinion de Rabbi Méir :
"Noten karpef la'ir" - on accorde à la ville un karpef, un espace libre supplémentaire de soixante dix coudées et deux tiers de coudée. Il en ressort que même après la fin du mur de la ville, et même après ces lieux d'habitation supplémentaires du 'ibour ha'ir', on ne compte les deux mille coudées qu'après soixante dix coudées et deux tiers de coudée supplémentaires. "Divré Rabbi Méir" - telle est l'opinion de Rabbi Méir sur le rôle du karpef.
Rabbi Méir le déduit du verset dans Bamidbar : "Mikir ha'ir vahoutsa élef ama saviv" - depuis le mur de la ville et au delà, mille coudées. Le verset traite du migrash, c'est à dire de l'espace vide qui entoure les villes des Lévites, et de là découle la règle : donne d'abord un espace au dehors, puis mesure ensuite. On place d'abord une extension en dehors de la ville ("mikir ha'ir vahoutsa"), et ce n'est qu'après que l'on commence à mesurer. De là, Rabbi Méir apprend que l'on accorde cette extension, qui est de soixante dix coudées et deux tiers de coudée.
Opinion des Sages :
Les Sages sont en désaccord : selon eux aussi, la notion de karpef existe, mais ce n'est pas ainsi qu'on l'applique. "Lo amrou karpef éla bein chtei ha'ayarot" - la règle du karpef n'a été énoncée qu'entre deux villes. C'est à dire que si les villes sont proches l'une de l'autre selon la mesure du karpef de chacune d'elles, elles sont considérées comme une seule ville, et on mesure les deux mille coudées depuis le côté extérieur des deux.
"Im yech lazo chiv'im ama ouchirayim, velazo chiv'im ama ouchirayim" - les 'chirayim' sont l'extension, deux tiers de coudée. Il en ressort qu'entre les deux villes il y a cent quarante et une coudées et un tiers. Dans un tel cas, "osé karpef lichtéhen lihyot ke'ahat" - on accorde l'extension du karpef aux deux afin d'en faire une seule ville, et on mesure le domaine depuis le côté extérieur des villes, puisqu'elles se trouvent à moins de cent quarante et une coudées et un tiers l'une de l'autre.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris l'extension du 'karpef', soixante dix coudées et deux tiers de coudée. Selon Rabbi Méir, on accorde un karpef à chaque ville, et ce n'est qu'après lui que l'on mesure les deux mille coudées, comme on l'apprend du verset "mikir ha'ir vahoutsa" - donne d'abord un espace au dehors, puis mesure ensuite. Selon les Sages, la règle du karpef n'a été énoncée qu'entre deux villes : lorsque la distance entre elles ne dépasse pas cent quarante et une coudées et un tiers, elles deviennent toutes deux comme une seule ville, et la mesure s'effectue depuis leur côté extérieur.