Erouvin, chapitre 2, michna 2. Dans la michna précédente, nous avons présenté l'idée des passin lebiraot : quatre angles droits (diyomdin) dressés autour des sources et des puits, afin que les pèlerins montant à Jérusalem pour la fête puissent abreuver leurs bêtes. Chaque planche formant l'angle droit mesurait une coudée de long et dix tefahim de haut. Nous y avons également discuté du désaccord entre Rabbi Méir et Rabbi Yéhouda sur la question de savoir quel espace peut être laissé entre ces angles droits : dix coudées ou treize coudées et un tiers.
La question de la michna qui nous occupe :
Notre michna examine jusqu'à quel point on peut rapprocher les angles droits du puits. Le puits peut être assez grand, et de ce fait un grand espace risque de se former entre les angles droits ; la question est de savoir à quelle distance ils peuvent se trouver du puits lui-même.
"Moutar lehakriv laber, oubilvad chetehé para rocha verouba bifnim vechota" - Il est permis de rapprocher du puits, à condition que la vache puisse avoir sa tête et la plus grande partie de son corps à l'intérieur et boire :
Il est permis de rapprocher les diyomdin du puits, à condition qu'il reste suffisamment de place pour que la vache introduise sa tête et la plus grande partie de son corps à l'intérieur des passin et boive. La Guemara rapporte une baraïta qui fixe la mesure : deux coudées. Autrement dit, de chaque côté il faut qu'il y ait deux coudées entre l'emplacement des diyomdin et l'endroit où commence le puits, pour que la bête puisse introduire sa tête et la plus grande partie de son corps et boire.
"Moutar leharhik kol chehou, oubilvad cheyarbé bepassin" - Il est permis d'éloigner autant que l'on veut, à condition d'ajouter des passin :
Dans le sens inverse, il n'y a pas de limite : il est permis d'éloigner les passin du puits autant que l'on veut et de les répartir, à condition d'ajouter des passin, c'est-à-dire d'augmenter la quantité de planches requise. Comme nous l'avons mentionné dans la michna précédente, on peut ajouter des planches : selon Rabbi Méir, il faut une planche toutes les dix coudées, et selon Rabbi Yéhouda toutes les treize coudées et un tiers ; on continue ainsi à ajouter les planches selon les besoins.
En résumé : notre michna fixe les deux limites de distance des passin par rapport au puits. Dans le sens du rapprochement, il est permis de rapprocher, à condition qu'il reste deux coudées de chaque côté, pour que la vache puisse introduire sa tête et la plus grande partie de son corps à l'intérieur et boire ; et dans le sens de l'éloignement, il est permis d'éloigner autant que l'on veut, à condition d'ajouter des passin et de rajouter des planches selon la mesure au sujet de laquelle Rabbi Méir et Rabbi Yéhouda sont en désaccord.