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Demaï Chapitre 4, Michna 7: accorder sa confiance aux âniers

Demaï, chapitre 4, michna 7. Cette michna traite d'une ville qui dépend des âniers qui viennent y approvisionner ses habitants en produits dont ils ont besoin, et la question examinée est de savoir si l'on peut se fier ou non à leurs paroles.

Les paroles de l'ânier à l'éloge de son compagnon :

Des âniers qui apportent des récoltes et entrent dans la ville, et l'un d'eux - qui n'est pas connu des habitants du lieu - témoigne à l'éloge de son compagnon de deux manières :

  • "cheli 'hadach vechel 'haveri yachan" - ma récolte à moi est plus récente, tandis que celle de mon compagnon est plus ancienne et de meilleure qualité. La qualité supérieure de la récolte ancienne est celle que nous avons vue dans la michna précédente : d'un point de vue halakhique, il est permis de la consommer même avant que l'omer ait été apporté ; et par ailleurs, du point de vue de la qualité, elle est plus sèche et donc de meilleure qualité.

  • "cheli 'adayin lo nitla mimeno toum'at met, vechel 'haveri nitla mimeno" - ici encore, il présente sa propre récolte comme inférieure à celle de son compagnon.

Dans les deux cas, l'ânier fait l'éloge de son compagnon à ses propres dépens, et pourtant la michna établit : "einam ne'emanim" - ils ne sont pas dignes de foi.

Pourquoi ne sont-ils pas dignes de foi ?

A priori, il n'a aucune raison de favoriser son compagnon, alors pourquoi ne serait-il pas cru ? La raison est la crainte d'une entente conclue entre les âniers : dans une ville, l'un fera l'éloge de son compagnon, et dans une autre ville, ce compagnon lui rendra la pareille. À cause de la crainte d'un arrangement entre eux, ils ne sont pas dignes de foi.

L'opinion de Rabbi Yehouda :

Rabbi Yehouda est en désaccord et considère qu'ils sont dignes de foi. Selon lui, l'exception qu'ils pratiquent est due aux besoins de subsistance des habitants de la ville, et l'on peut donc se fier à leurs paroles, sans qu'il soit nécessaire de craindre qu'ils aient conclu entre eux un accord dans le cadre duquel ils agiraient à l'inverse dans l'autre ville.

En résumé : dans cette michna, nous avons étudié le cas d'âniers qui entrent dans une ville, dont l'un fait l'éloge de la récolte de son compagnon plutôt que de la sienne, que ce soit par l'argument du récent et de l'ancien ou par celui de "lo nitla mimeno toum'at met". Les Sages ne le croient pas par crainte d'une entente réciproque entre les âniers, tandis que Rabbi Yehouda les déclare dignes de confiance et les croit en raison des besoins de subsistance des habitants de la ville.