Houlin, chapitre 3, michna 7. Les dernières michnayot de ce chapitre quittent le sujet des trefot pour aborder les simanim, les signes distinctifs grâce auxquels on reconnaît les espèces permises. Notre michna expose les signes de la sauterelle cachère et ceux du poisson cachère.
Les quatre signes de la sauterelle cachère
La michna commence par « ouva'hagavim » : et au sujet des sauterelles. Une sauterelle qui présente les quatre signes suivants est cachère.
- « Kol cheyèch lo arba raglayim » : elle a quatre pattes, deux de chaque côté du corps.
- « Ve'arba kenafayim » : elle a quatre ailes, deux de chaque côté du corps.
- « Vekarsoulayim » : elle a deux longues pattes sauteuses.
- « Oukhenafav 'hofin èt roubo » : ses ailes recouvrent la plus grande partie de son corps.
Une sauterelle qui réunit ces quatre signes est une sauterelle cachère.
Quels signes proviennent des pessoukim
Deux de ces signes sont énoncés clairement dans la Torah, dans le passage qui permet certaines sauterelles. Le passouk décrit la créature comme « haholekh al arba » : celle qui se déplace sur quatre, et comme celle « acher lo khera'ayim mima'al leraglav » : qui possède des cuisses sauteuses placées plus haut que ses pattes ordinaires, « lenater bahen al haaretz » : au moyen desquelles elle bondit sur le sol.
La Torah fournit donc elle-même deux des simanim. Les deux autres, à savoir les quatre ailes et l'exigence que ces ailes recouvrent la majeure partie du corps de la créature, nous parviennent par l'enseignement des 'Hakhamim.
La cinquième condition de Rabbi Yossé
« Rabbi Yossé omer : ouchmo 'hagav » : Rabbi Yossé pose une cinquième condition, que la créature appartienne à la famille du 'hagav et porte précisément ce nom. Lui aussi appuie sa condition sur les pessoukim : l'espèce doit être de celles que les gens désignent du nom de 'hagav. Les simanim physiques à eux seuls ne tranchent pas la question ; il faut encore que le nom corresponde.
Les signes du poisson cachère
« Ouvadaguim » : venons-en maintenant aux poissons. Un poisson devient permis grâce à deux simanim : « kol cheyèch lo senapir vekaskesset » : tout poisson qui possède un senapir accompagné d'une kaskesset. Remarquons que la Torah écrit chacun de ces deux mots au singulier.
Le verset le dit directement : « Èt zé tokhelou mikol acher bamayim » : de tout ce qui vit dans l'eau, voici ce que vous pourrez manger, « kol acher lo senapir vekaskesset » : tout ce qui possède une nageoire ainsi qu'une écaille. Puisque les mots sont au singulier, une seule nageoire avec une seule écaille suffit déjà à rendre le poisson permis.
L'avis de Rabbi Yehouda
« Rabbi Yehouda omer : chené kaskassin ousenapir e'had » : Rabbi Yehouda exige deux écailles à côté d'une seule nageoire. Il comprend « kaskesset » comme une forme plurielle construite sur le singulier « kaskas », de sorte que la Torah réclame en réalité deux écailles pour que le poisson puisse être mangé.
Distinguer une nageoire d'une écaille
Une nageoire et une écaille se ressemblent beaucoup : l'une comme l'autre est une excroissance en forme de pli qui pousse sur la peau de l'animal. C'est pourquoi la michna poursuit en enseignant comment les distinguer, afin que l'on puisse établir que les deux simanim sont bien présents et que le poisson est permis.
« Ve'élou hen kaskassin » : voici ce que sont les écailles, « hakevou'in bo » : celles qui sont fixées à son corps. Elles sont attachées et ne bougent pas, et le poisson ne s'en sert pas pour se glisser dans l'eau.
« Ousenapirin » : et les nageoires sont « haporéa'h bahen » : celles au moyen desquelles le poisson se propulse et nage dans l'eau.