Houlin, chapitre 12, michna 5. Ce chapitre tout entier a été consacré à la mitsva de chilouah haken, l'obligation de renvoyer la mère avant de prendre les oisillons. La dernière michna du chapitre, et de toute la massekhet, nous enseigne jusqu'où s'étend cet interdit, puis se referme sur une leçon qui dépasse de très loin les oiseaux et les nids.
La michna tranche : "Lo yitol adam", un homme ne prendra pas, "em al banim", une mère avec ses petits qui se trouvent sous elle. Puis elle ajoute une application saisissante : "afilou letaher et hametsora", pas même lorsque ces oiseaux sont destinés à la purification d'un metsora.
Les oiseaux du metsora
Celui qui a contracté la tsaraat doit traverser toute une série d'étapes pour redevenir pur. Parmi elles, une cérémonie qui exige deux oiseaux cachers. L'un est égorgé au-dessus d'un récipient contenant de l'eau de source. Le second est plongé dans ce mélange d'eau et de sang, et c'est avec lui que l'on asperge le metsora.
Il ne s'agit pas d'un détail. Le metsora vivait jusque-là à l'écart, coupé de sa famille et de la communauté, dans un état d'impureté. Cette cérémonie est sa porte de retour : retour à la pureté, retour chez lui, retour parmi les siens. Permettre ce retour est une mitsva immense.
Et pourtant, même au service d'une telle mitsva, on n'a pas le droit de s'emparer d'une mère posée sur ses petits. La grandeur du but ne crée aucune autorisation de transgresser. La halakha de chilouah haken tient bon.
Le kal vahomer qui clôt la massekhet
La massekhet se termine par un raisonnement du cas léger vers le cas grave. Voici les mots de la michna : "Oumah im mitsva kala", si pour une mitsva facile, "chehi keissar", dont le coût n'excède pas un issar, une piécette de valeur dérisoire, "amra Torah", la Torah a malgré tout promis, "lemaan yitav lakh", afin que tu sois heureux, "vehaarakhta yamim", et que tes jours soient prolongés, alors à plus forte raison, "kal vahomer", à combien plus forte raison, "al mitsvot hamourot chebaTorah", pour les mitsvot lourdes de la Torah.
Mesurons ce que réclame une telle mitsva. Libérer la mère de son nid ne coûte pratiquement rien sur le plan financier et ne prend qu'un instant. Or à ce geste minuscule la Torah rattache une promesse explicite : le bien dans la vie et la longueur des jours. Presque aucune dépense, presque aucun effort, et une récompense énorme garantie en échange.
S'il en est ainsi, raisonnons du plus petit vers le plus grand. Combien plus la bénédiction et la récompense doivent attendre celui qui accomplit les mitsvot les plus lourdes de la Torah, celles qui exigent un véritable effort et une véritable dépense. Sur un tel homme, la bénédiction repose à un niveau bien supérieur.
Hadran alakh Massekhet Houlin.