Houlin, chapitre 3, michna 4. Après avoir énuméré les atteintes qui rendent un oiseau terefa, la michna tourne la page et présente la liste inverse : des blessures qui paraissent graves, parfois même impressionnantes, mais qui ne mettent pas la vie en danger. Un oiseau porteur de l'une d'elles est parfaitement cachère, à condition bien sûr que la chehita ait été faite correctement.
La michna ouvre cette liste par les mots « Ve'elou kecherot ba'of », et voici les cas dans lesquels un oiseau demeure apte.
La trachée percée ou fendue
« Nikva hagarguéret o chénisdeka » : si la trachée a été percée d'un trou, ou si elle a été fendue dans sa longueur. Ni l'un ni l'autre ne compte comme un défaut mortel chez un oiseau, et la bête est cachère.
La morsure de la belette
« Hikata 'houlda al rocha makom ché'eino ossé ota terefa » : une 'houlda (belette) a frappé la tête de l'oiseau, mais à un endroit où une telle blessure n'entraîne pas le statut de terefa. Pourquoi un coup à la tête devrait-il nous inquiéter ? Parce que les dents peuvent s'enfoncer jusqu'à la membrane qui enveloppe le cerveau et la perforer. Ici, pourtant, il s'agit d'un emplacement de la tête à partir duquel les dents n'auraient jamais pu atteindre cette profondeur. La membrane n'a pas été entamée, et l'oiseau reste apte.
Le jabot
« Nikva hazéfek » : si le jabot a été percé. Le jabot est la poche dans laquelle la nourriture s'accumule après que l'oiseau l'a avalée, avant qu'elle ne poursuive son chemin pour être digérée. Un trou à cet endroit ne rend pas l'oiseau terefa.
« Rabbi omer afilou nital » : selon Rabbi, l'oiseau reste cachère même si le jabot a été entièrement retiré, tant qu'il peut encore assimiler sa nourriture. Ce qui importe à Rabbi, c'est que l'alimentation puisse passer depuis l'œsophage et parvenir au gésier. Tant que ce processus fonctionne, il n'y a aucune raison de déclarer l'oiseau terefa.
Des intestins sortis mais intacts
« Yatse'ou bené mé'eha velo nikvou » : si une blessure a ouvert le ventre de l'oiseau et que les intestins sont sortis, mais sans avoir été perforés, l'oiseau est cachère. Ce n'est pas le déplacement en soi qui disqualifie, c'est une perforation qui le ferait.
Ailes et pattes brisées, plumes arrachées
« Nichtabrou gapéha », les ailes se sont brisées ; « nichtabrou ragléha », les pattes se sont brisées ; « nimrétou kenaféha », le plumage extérieur a été arraché. Ces plumes extérieures ne sont pas nécessaires à l'oiseau pour se protéger, et sa vie se poursuit sans elles. Dans tous ces cas, l'oiseau est cachère.
Rabbi Yehouda et le duvet
« Rabbi Yehouda omer im nitla hanotsa pessoula » : Rabbi Yehouda pose une limite. Si le duvet a été retiré, l'oiseau est impropre. La notsa est la couche de plumes douces et légères qui se trouve directement contre la peau de l'oiseau, et celui-ci en dépend réellement pour sa protection. L'en dépouiller équivaut à retirer la peau d'un animal, ce qui rend cet animal terefa, et Rabbi Yehouda applique ici le même raisonnement.