Houlin, chapitre 1, michna 4. Jusqu'ici, le chapitre a traité de la chehita, l'abattage rituel qui rend un animal propre à la consommation. Cette michna place la chehita en regard d'un acte tout à fait différent : la melika, la manière dont on mettait à mort un oiseau apporté comme korban au Beit Hamikdach. Les deux gestes se ressemblent en apparence, et pourtant la michna montre qu'ils sont opposés dans presque tous les détails concernant l'endroit du cou où ils peuvent être accomplis.
Qu'est-ce que la melika ?
La melika était accomplie par le kohen avec l'ongle du pouce de sa main droite. Il enfonçait son ongle dans la nuque de l'oiseau, tranchait la vertèbre du cou, puis poursuivait à travers le cou lui-même. Pour un oiseau apporté comme ola, il coupait à la fois la trachée et l'œsophage. Pour un oiseau apporté comme hatat, un seul des deux conduits était tranché.
Un point essentiel : la chehita n'accomplit rien pour ces korbanot d'oiseaux. Seule la melika les prépare pour l'autel. Nous avons donc deux procédures, chacune valable uniquement dans son propre domaine, et la michna les compare maintenant point par point.
Les quatre cas
« HaChohet min hatsedadin, chehitato kechéra » : si le couteau est passé sur le côté du cou de l'animal plutôt que droit devant, l'abattage est valable. Ce qui compte, c'est que les conduits requis aient été tranchés ; l'endroit de la circonférence où cela s'est produit n'a aucune importance. Et il ne s'agit pas d'une indulgence accordée seulement après coup : on peut délibérément choisir d'abattre là dès le départ.
« HaMolek min hatsedadin, melikato pessoula » : si le kohen accomplit la melika sur le côté, l'oiseau est disqualifié. La melika est limitée à un seul endroit, la nuque, et à nul autre. La Torah écrit « mimoul orpo », face à l'oref, la partie arrière du cou, et seul un ongle enfoncé à cet endroit accomplit la mitsva.
« HaChohet min ha'oref, chehitato pessoula » : ici, la raison mérite d'être explicitée. En venant de l'arrière, la lame rencontre la vertèbre de la colonne avant même d'atteindre les simanim. Un animal dont l'os du cou a été brisé est une tereifa, un animal porteur d'un défaut qui entraînera inévitablement sa mort. Un tel animal est interdit à la consommation, quelle que soit la perfection de l'abattage effectué ensuite. Dans notre cas, au moment où la trachée et l'œsophage sont enfin coupés, l'animal est déjà devenu tereifa à cause de la vertèbre brisée derrière eux. L'abattage arrive trop tard pour être utile, et la viande n'est pas cachère.
« HaMolek min ha'oref, melikato kechéra » : celui qui accomplit la melika par la nuque, sa melika est valable, et pas seulement valable : c'est précisément ainsi que la melika doit être faite.
« HaChohet min hatsavar, chehitato kechéra » : abattre au niveau du tsavar, c'est-à-dire la zone frontale où les conduits se trouvent juste sous la peau, est valable, et c'est effectivement là que la chehita se pratique normalement.
« HaMolek min hatsavar, melikato pessoula » : celui qui accomplit la melika par la gorge, sa melika est invalide, puisque la melika appartient à la nuque seule.
Le résumé de la michna
« Chekol ha'oref kacher limelika » : tout point le long de la nuque convient comme lieu de melika. « Vehol hatsavar kacher lichehita » : toute la région frontale, y compris ses côtés, convient comme lieu de chehita.
« Nimtsa kacher bachehita » (il en résulte que ce qui est apte à la chehita) « passoul bamelika » (est inapte à la melika), « kacher bamelika » (et ce qui est apte à la melika) « passoul bachehita » (est inapte à la chehita).
Le résultat est une inversion parfaite. La région apte à la chehita, l'avant du cou avec ses côtés, est inapte à la melika. La région apte à la melika, la nuque, est inapte à la chehita. Chaque acte a son lieu propre, et chaque lieu disqualifie entièrement l'autre acte.