Houlin, chapitre 3, michna 3. Les premières michnayot de ce chapitre ont énuméré les dix-huit atteintes qui font d'un animal une térefa, une bête si abîmée qu'elle ne peut pas survivre et que la chehita ne peut donc pas rendre casher. La Michna se tourne à présent vers les oiseaux. Un oiseau n'est pas bâti comme un quadrupède : la liste de ses lésions mortelles lui est propre. Notre michna s'ouvre par les mots « Ve'élou térefot ba'of » : et voici les atteintes qui font d'un oiseau une térefa.
Le cou : l'œsophage et la trachée
« Nikvat havéchet » : un oiseau dont l'œsophage a été perforé. Le moindre trou dans l'œsophage est mortel.
« Pessoukat hagargéret » : la trachée tranchée dans sa largeur, et seulement lorsque l'entaille a dépassé la moitié. Sur ce point, la volaille suit exactement la même règle que le quadrupède. On aurait pourtant pu conclure autrement. Chez l'oiseau, une chehita valable n'exige la section que d'un seul conduit, trachée ou œsophage, comme les michnayot précédentes l'ont établi ; on aurait donc pu supposer que la trachée de l'oiseau est le plus fragile de ses organes, et qu'une simple perforation y serait déjà mortelle. Kama machma lan : la Michna écarte cette supposition. Tant qu'il n'y a pas une section dans la largeur dépassant la moitié, l'oiseau reste apte.
La morsure de la fouine sur la tête
« Hikatah 'houlda al rocha » : une fouine a frappé l'oiseau à la tête. La Michna précise « makom ché'ossé ota térefa », dans un endroit où une telle morsure disqualifie, à savoir sur le crâne. Ce que nous craignons, c'est que les dents de l'animal aient traversé l'os et percé la membrane qui enveloppe le cerveau.
Comme le dommage est caché, on examine l'oiseau après la chehita. On introduit un doigt dans le bec de l'oiseau et on appuie vers le haut contre le palais. Si de la matière cérébrale sort par la fracture du crâne, nous considérons que le cerveau lui-même a été atteint et l'oiseau est une térefa. Ici encore il y a un 'hidouch. On aurait pu penser que chez un oiseau, un crâne fracturé suffit à lui seul à le disqualifier. La Michna enseigne que tant que la membrane du cerveau n'a pas été atteinte et que sa matière ne s'échappe pas, l'oiseau n'est pas une térefa.
Le gésier et les intestins
« Nikva hakourkevan » : un trou dans le gésier. Le gésier est la poche qui enferme le tissu musculaire broyant la nourriture de l'oiseau avant qu'elle ne passe dans les intestins. Pour disqualifier, il faut que les deux couches soient percées, le muscle en même temps que la poche qui l'entoure, et les deux ouvertures doivent se trouver l'une face à l'autre. Si les trous ne se correspondent pas, ou si seul le muscle a été percé, l'oiseau demeure permis.
« Nikevou hadakin » : des trous dans l'intestin grêle. Chacune des atteintes énumérées jusqu'ici laisse l'oiseau térefa.
Un oiseau tombé dans le feu
« Nafela la'our vené'hmerou bené mé'éha » : l'oiseau est tombé dans le feu et ses organes internes ont été roussis, la chaleur ayant traversé la peau et abîmé ce qui se trouve en dessous. « Im yeroukim, pessoulin » : ces organes sont naturellement rouges ; dès qu'ils ont verdi, ce changement de couleur prouve que le tissu est gâté et qu'il finira par se désagréger et se perforer. L'oiseau est immédiatement térefa. « Im adoumim, kécherim » : s'ils gardent leur rouge naturel et qu'aucun dommage n'apparaît, l'oiseau est apte.
Écrasement et choc
Les trois derniers cas de la michna traitent d'un oiseau ayant subi un choc violent, dans la logique de l'animal tombé d'un toit dans la première michna du chapitre. « Derassa » : quelqu'un a marché sur l'oiseau. « Outrafa bakotel » : il a été projeté contre un mur. « O chérirsessata behéma » : ou un animal l'a écrasé. « Oumefarkésset » : et l'oiseau tressaille et bat des ailes, capable de se déplacer mais incapable de marcher normalement. Dans un tel état, nous craignons que le choc n'ait causé une lésion mortelle à un organe interne, et l'oiseau pourrait bien être une térefa.
« Vechata mé'ét lé'ét, ouche'hatah, kéchéra » : mais si l'oiseau a continué à vivre un mé'ét lé'ét complet, vingt-quatre heures pleines, et qu'il a ensuite été abattu, il est casher. Sa survie nous apprend qu'aucune lésion mortelle n'a été subie. Et cela à condition que les organes internes soient examinés ensuite et trouvés intacts ; alors nous tranchons que l'oiseau est casher.