Houlin, chapitre 7, michna 2. Ce chapitre est consacré au guid hanaché, et notre michna aborde deux questions pratiques : un Juif peut-il remettre à autrui une cuisse qui contient encore le guid interdit, et lorsqu'une personne entreprend de le retirer, quelle quantité doit sortir ?
Première règle : un Juif peut remettre à un non-Juif une cuisse entière provenant d'un animal cachère correctement abattu, et cela même si le nerf interdit s'y trouve toujours. Les mots de la michna sont "Choléa'h adam yaré'h lenokhri", on envoie une cuisse à un non-Juif, "chéguid hanaché betokhah", avec le guid hanaché encore à l'intérieur.
Pourquoi il n'y a ici aucune crainte
On aurait pu redouter l'enchaînement suivant. Un Juif aperçoit ce présent entre les mains du non-Juif, décide de l'acheter, et suppose que puisque la pièce vient d'un Juif, le guid en a certainement déjà été extrait. Il mangerait alors la cuisse avec le guid interdit toujours en place. La michna nous dit de ne pas nous inquiéter d'un tel scénario, et elle en donne la raison : "mipné chémekomo nikar", l'emplacement du guid est parfaitement reconnaissable.
Autrement dit, il suffit de regarder. Lorsque le guid hanaché a été retiré, la cuisse porte les traces de l'opération : elle a été ouverte et le nerf en a été extrait. Ici, la cuisse est entière et intacte, sans la moindre incision, si bien qu'il est évident pour quiconque l'examine que le guid s'y trouve encore. Puisque la vérité se lit à la surface de la viande, il n'y a aucune erreur contre laquelle se prémunir.
Quelle part du guid faut-il retirer
Passons à la seconde règle. "Hanotel guid hanaché", celui qui extrait le nerf sciatique, "tsarikh chéyitol et koulo", doit procéder à une extraction totale. Se contenter d'ôter ce qui se trouve aisément accessible ne suffit pas : il lui faut fouiller la chair et en tirer jusqu'au dernier filament, y compris la portion de nerf enfouie en profondeur.
Rabbi Yehouda soutient une autre position : "kedé lekayem bo mitsvat netilah", la quantité qui permet d'accomplir l'obligation de retirer le nerf suffit. Selon lui, celui qui a enlevé la portion apparente du guid, celle qui se voit à l'extérieur de la viande, a déjà satisfait à ce que la Torah exigeait de lui, et la partie enfoncée profondément dans la chair demeure permise.