TheWholeTorah.aiBeta

Houlin, Chapitre 3, Mishnah 2 : Les blessures qui ne rendent pas l'animal tereifah

Houlin, chapitre 3, mishnah 2. La première mishnah du chapitre a dressé la liste des blessures et des atteintes qui font d'un animal une tereifah, un animal si abîmé qu'il ne peut survivre et qu'il est donc interdit à la consommation même après une chehitah faite dans les règles. Notre mishnah forme le pendant de cette liste : elle énumère les blessures qui paraissent graves, parfois effroyablement graves, et qui laissent pourtant l'animal apte.

La mishnah commence ainsi : "Ve'elou kecheirot babeheimah" - et voici les cas dans lesquels l'animal reste cachère. Le principe qui sous-tend toute la liste est qu'aucune de ces plaies ne met la vie en danger. L'animal peut continuer à vivre avec elles, et il n'entre donc jamais dans la catégorie de tereifah.

Une perforation ou une fente dans la trachée

"Nikvah hagargeret o chenisdekah" - la paroi de la trachée a été perforée, ou bien elle s'est fendue dans le sens de la longueur. Ici, il faut prendre soin de distinguer ce cas de ce que nous avons appris dans la mishnah précédente. Là, la trachée était tranchée dans sa largeur, et cela rend effectivement l'animal interdit. Dans notre cas, la déchirure suit la longueur du conduit, dans la direction qui va de la bouche vers le poumon, et une telle fente ne met pas la vie de l'animal en péril.

L'attention revient alors au premier des deux cas, la perforation, avec la question de la mesure : "Ad kamah tech'sar" - quelle quantité de trachée peut-il manquer ? Autrement dit, à partir de quand l'ouverture devient-elle trop large pour que l'animal reste apte ? Rabban Chimon ben Gamliel donne le chiour : "ad ke'issar ha'italki" - la largeur d'un issar d'Italie, une petite pièce dont la largeur sert de limite. Tant que l'ouverture ne dépasse pas cette pièce, l'animal est intact ; dès qu'elle la dépasse, nous avons une tereifah.

La suite de la liste

  • "Nifch'etah hagoulgolet velo nikav kerom chel moach" - le crâne a été fracassé, et pourtant la membrane qui enveloppe le cerveau est restée intacte.
  • "Nikav haleiv velo leveit chalalo" - le cœur a été perforé, mais la perforation n'a pas traversé jusqu'à la cavité intérieure.
  • "Nichberah hachidrah velo nifsak hachout chelah" - la colonne vertébrale s'est brisée, et pourtant la moelle qui la traverse est demeurée entière.
  • "Nitelah hakaveid venichtayeir heimenah kezayit" - le foie a été retiré, mais il en est resté en place le volume d'une olive.
  • "Hemsès ouveit hakossot chenikvou zeh letoch zeh" - le troisième et le deuxième estomacs ont été perforés chacun, mais les deux ouvertures se trouvaient exactement l'une face à l'autre, si bien que les estomacs, pressés l'un contre l'autre, se bouchaient mutuellement le trou.
  • "Nital hatechol" - la rate a disparu.
  • "Nitlou haklayot" - les reins ont disparu.
  • "Nital lechi hatachton" - la mâchoire inférieure manque, ce qui prive l'animal de tout moyen de mastiquer.
  • "Nitelah ha'eim chelah" - la matrice a disparu.
  • "Vecharoutah bidei chamayim" - le poumon s'est desséché et rétracté, mais par une cause venue du Ciel, comme lorsque l'animal a été terrifié par un coup de tonnerre ou un phénomène naturel semblable.

Dans chacun de ces cas, l'animal est cachère.

La machloket au sujet de l'animal écorché

Une dernière blessure clôt la mishnah, et à son propos les Tannaïm sont divisés : "Hageloudah, Rabbi Meir mach'chir vachachamim posslin." Il s'agit d'une bête dépouillée de sa peau de son vivant. Rabbi Meir soutient qu'elle demeure apte à la consommation, tandis que les chachamim tranchent qu'elle ne l'est pas.

La décision des chachamim reçoit ensuite ses limites précises. L'interdiction ne s'applique que si la peau a été entièrement enlevée. S'il subsiste ne serait-ce qu'un lambeau de peau au-dessus de la colonne vertébrale, la bête reste cachère. L'inverse est vrai aussi : si c'est précisément la bande de peau qui recouvre la colonne vertébrale qui a été arrachée, la bête est interdite, bien que tout le reste de la peau soit encore attaché.