Traité Bechorot, chapitre 9, Michna 6. La Michna traite d'une autre question pratique : la méthode de calcul du maasser behema.
La Michna établit : Kol chenoledu me'echad beTichri ve'ad essrim vetecha be'Eloul - harei elou mitztarfin - tout animal né entre le 1er Tichri et le dernier jour du mois d'Eloul, c'est-à-dire au cours de l'année civile, s'associe dans un même compte. Si le propriétaire du troupeau a eu dix animaux ou plus nés cette même année, il est tenu de prélever la dîme ; s'il y en a moins, il n'en prélève pas.
Chamicha lifnei Roch Hachana vechamicha le'achar Roch Hachana - einan mitztarfin - s'il y avait dans son troupeau cinq agneaux nés un jour avant Roch Hachana et cinq autres nés un jour après, et que ce sont là tous les agneaux nés au cours de ces deux années, ils ne s'associent pas, car chaque année n'a vu naître que cinq agneaux, bien qu'ils soient tous nés à deux jours d'intervalle. Par conséquent, il ne prélèvera aucun maasser.
Les trois gornot :
Dans la Michna précédente, nous avons appris que les Sages (miderabbanan) ont fixé trois points d'arrêt où l'on doit prélever la dîme, trois fois au cours de l'année, et leur moment est quinze jours avant chacune des fêtes de pèlerinage. Ainsi, le dernier jour d'Adar, quinze jours avant Pessa'h, est une de ces échéances (goren).
Chamicha lifnei hagoren vechamicha le'achar hagoren - harei elou mitztarfin - si cinq agneaux sont nés le dernier jour d'Adar, et cinq autres le lendemain, le 1er Nissan, ils s'associent, et lorsque arrivera le deuxième goren, quinze jours avant Chavouot, il les rassemblera dans un même compte.
Im ken lama ne'emar chaloch granot lemaasser behema ? - quelle est la signification de ces échéances, si elles ne constituent pas un point d'arrêt pour le calcul ?
Ad chelo higuia hagoren - moutar limkor velich'chot - tant que l'échéance fixée n'est pas arrivée, et que l'obligation de prélèvement ne lui incombe pas, le propriétaire du troupeau est autorisé, pendant cette période intermédiaire, à abattre les animaux, à les manger et à les vendre, et ils n'entrent pas du tout dans le compte des dix.
Higuia hagoren - lo yich'chot - une fois l'échéance arrivée, tous les animaux nés dans cette année civile jusqu'à ce moment-là sont examinés ; ils entrent dans l'enclos, et un sur dix devient le maasser behema. À partir de là, il est interdit de les abattre et même de les vendre.
Ve'im chachat - patour - celui qui abat et mange les animaux après l'échéance n'a transgressé qu'un interdit d'ordre rabbinique, et il en est donc exempté ; selon la Torah, il était autorisé à attendre toute l'année et à les prélever tous ensemble.
Exemple pratique de calcul :
Le premier goren : quinze agneaux sont nés à un homme cette année-là, et le dernier jour d'Adar est arrivé, quinze jours avant Pessa'h. Il les fait entrer dans l'enclos, et le dixième qui en sort devient le maasser behema. Les cinq restants ne sont pas prélevés pour le moment.
Le deuxième goren : au cours des deux mois suivants, quinze autres sont nés, pour un total de trente animaux cette année-là. Lorsque le deuxième goren arrive, quinze jours avant Chavouot, le trente-cinquième jour du Omer, il associe les quinze nouveaux aux cinq restants de la fois précédente. Vingt animaux entrent dans l'enclos, et deux en sortent - le dixième et le vingtième - qui deviennent le maasser behema.
Et si pendant la période intermédiaire, entre Pessa'h et Chavouot, il a choisi de manger l'un des agneaux - il en a le droit. Il lui en reste alors quatorze de cette période et cinq de la période précédente, soit un total de dix-neuf animaux. Tous entrent dans l'enclos, un seul en sort en tant que dixième, et les neuf restants sont repoussés et ne sont pas prélevés maintenant, mais sont gardés pour la troisième période, et ainsi de suite.
En résumé : dans cette Michna, nous avons appris que l'association des animaux pour la dîme est fixée selon l'année civile, du 1er Tichri au 29 Eloul, et que ceux nés avant Roch Hachana ne s'associent pas à ceux nés après. Les trois gornot fixés miderabbanan ne séparent pas les animaux - ceux nés avant le goren et après s'associent - et leur but est de déterminer à partir de quand il est interdit de vendre et d'abattre, d'où il ressort que les restes n'ayant pas atteint le nombre de dix sont repoussés et s'associent au goren suivant.