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Arakhin, chapitre 8, Mishna 6 : Les 'haramim des kohanim et les 'haramim non précisés

Arakhin, chapitre 8, Mishna 6. Ce chapitre parcourt les lois du 'hérem, ces biens qu'une personne fait sortir de sa propriété en les déclarant consacrés. Notre mishna vient maintenant préciser deux points : comment un 'hérem qui appartient aux kohanim leur est remis, et ce qu'il advient lorsqu'une personne déclare un 'hérem sans dire de quel type il s'agit.

Un 'hérem des kohanim ne peut pas être racheté

La mishna commence par la halakha elle-même : "'Harmei kohanim", les 'haramim destinés aux kohanim, "ein lahem pidyon", ne sont soumis à aucune procédure de rachat. Celui qui a consacré un objet de cette manière aux kohanim ne peut pas le garder, en évaluer la valeur et verser cette somme à la place. "Ela nitanim lakohen kitruma" : l'objet lui-même entre en possession du kohen, sur le modèle de la trouma.

La comparaison avec la trouma est la source de cette loi. Lorsqu'une personne prélève la trouma de sa récolte, elle ne peut pas conserver la trouma et payer au kohen sa valeur ; le kohen reçoit la trouma elle-même. Les pessoukim enseignent qu'un 'hérem des kohanim fonctionne de la même façon. L'objet déclaré 'hérem passe entre les mains du kohen, et l'argent ne peut s'y substituer.

Lorsque la personne n'a rien précisé

D'ordinaire, celui qui prononce une telle déclaration indique la destination de son 'hérem : soit les kohanim doivent le recevoir, soit il est dédié au Hekdech pour le bédek habayit, la caisse qui entretient la structure du Beit Hamikdach. Mais que se passe-t-il s'il a prononcé le mot "'hérem" sans rien ajouter ? Sur ce point, les Tannaïm sont divisés.

"Rabbi Yehouda ben Betéra omer" : selon lui, "stam 'haramim lebédek habayit", un 'hérem déclaré sans autre précision est dédié à la caisse d'entretien du Hekdech. Il l'apprend du passouk qui qualifie chaque 'hérem de "kodech kadachim hou la'Chem", saint des saints pour Hachem. Puisque la Torah place le 'hérem dans le domaine de Hachem, une déclaration laissée ouverte revient au compte de Hachem lui-même.

"Va'hakhamim omrim : stam 'haramim lakohanim", les 'Hakhamim ne sont pas d'accord et tranchent qu'un 'hérem non précisé revient aux kohanim. Leur source est le passouk qui parle d'un champ ancestral consacré et jamais racheté par son propriétaire : "Kisdé ha'hérem lakohen tihyé a'houzato", comme un champ de 'hérem, sa possession appartiendra au kohen. La Torah compare ce champ au champ de 'hérem ordinaire, et la comparaison ne tient que si le champ de 'hérem simple, sans précision, est un champ qui appartient aux kohanim.

Comment les 'Hakhamim lisent l'autre passouk

La mishna soulève alors face aux 'Hakhamim l'objection naturelle : "Im kein, lama né'émar", s'il en est ainsi, pourquoi la Torah déclare-t-elle que chaque 'hérem est "kodech kadachim hou la'Chem" ? Si un 'hérem sans destination énoncée aboutit entre les mains des kohanim, que reste-t-il à enseigner au verset cité par Rabbi Yehouda ben Betéra ?

Leur réponse : le passouk vient enseigner "chéhou 'hal", qu'une telle déclaration prend effet, même à l'égard d'animaux déjà consacrés comme korbanot, aussi bien ceux classés comme kodché kadachim que ceux classés comme kodachim kalim. Voilà un véritable 'hidouch. Le principe général veut que personne ne puisse consacrer comme 'hérem ce qui ne lui appartient pas entièrement, et une bête déjà destinée à l'autel est sortie de sa pleine propriété. La Torah tranche néanmoins que les korbanot sont exclus de ce principe : même un animal du plus haut degré de sainteté peut être rendu 'hérem par son propriétaire, et ses paroles sont effectives.

Un animal mis de côté comme korban est déjà sanctifié et saint : il faut donc expliquer ce que signifie qu'un 'hérem "prenne effet" sur lui. C'est précisément ce que la mishna suivante viendra exposer.