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Arachin, Chapitre 5, Mishna 6 : la prise de gage pour les engagements, et le consentement obtenu par contrainte

Arachin, chapitre 5, mishna 6. Tout au long de ce chapitre, la Mishna s'est occupée des moyens par lesquels le trésor du Beit Hamikdash recouvre ce qui lui est dû, et nous rencontrons ici une difficulté très concrète : le débiteur qui prend son temps.

Celui qui porte une obligation envers le Sanctuaire, qu'il s'agisse d'un erech qu'il s'est imposé à lui-même ou d'un korban dont il est devenu redevable, doit s'empresser de s'en acquitter. Il ne doit pas laisser un nouveau reguel arriver alors que la dette subsiste encore. Si une année entière s'écoule, Pessah, Chavouot et Souccot passant tous les trois sans que son engagement soit honoré, il a transgressé un lo ta'assé.

Comment, dès lors, encourage-t-on une telle personne à régler son compte à temps ?

La prise de gage

La mishna enseigne : "Hayavé arachin memachkenin otan", celui qui est redevable d'un erech, on lui prend un gage. Le guizbar, l'officier responsable du trésor, saisit un bien appartenant à celui qui a fait le vœu et le garde entre les mains du trésor ; lorsque le paiement arrive, le bien retourne à son propriétaire.

"Hayavé hatatot va'achamot ein memachkenin otan", on ne prend pas de gage à celui qui doit encore un hatat ou un acham. Quelle est la raison de cette distinction ? Ces korbanot viennent à la suite d'une avéra, et celui qui en est redevable comprend parfaitement bien que sa kappara en dépend. Il ne va guère traîner les pieds ; il se rendra au Beit Hamikdash à la première occasion. Aucune pression n'est nécessaire.

"Hayavé olot ouchlamim memachkenin otan", on prend un gage à celui qui doit encore une ola ou un chelamim. Ces deux korbanot sont assumés librement ; personne ne lui a imposé cette obligation. Et c'est précisément parce qu'elle est née de sa propre initiative, comme dans le cas d'un erech, qu'il y a lieu de craindre pour son paiement dans les délais : le trésor retient donc un de ses biens en garantie.

"Je le veux"

Or, un korban de ce genre n'accomplit son office pour son propriétaire que s'il l'apporte de son plein gré : "af al pi ché'eino mitkaper lo", aucune expiation n'est réalisée pour lui, "ad chéyitratzé", jusqu'à ce qu'il l'apporte avec un consentement véritable, "chéné'emar : lirtzono", puisque la Torah elle-même stipule que le korban vienne par son propre désir. Malgré cela, le trésor peut retenir un gage afin de le presser au sujet du chelamim ou de la ola qu'il s'est imposés.

"Kofin oto", on le contraint, "ad chéyomar : rotzé ani", jusqu'à ce que les mots "je le veux" sortent de sa bouche. Dès l'instant où il les prononce, le korban est considéré comme apporté de son plein gré, en dépit de la contrainte qui a précédé cette déclaration.

Le parallèle avec les guittin

"Vékhen ata omer beguité nachim", la même règle, enseigne la mishna, s'applique dans les lois du divorce. Un guet ne prend effet que si le mari le remet de son plein gré. Néanmoins, il existe des situations où on le presse de le faire, et le guet qui en résulte n'en est pas invalidé. Ici aussi la même formule vaut : on le presse "ad chéyomar : rotzé ani", jusqu'à ce qu'il déclare vouloir le donner. À partir de ce moment, son acte est tenu pour volontaire, et le guet est valide selon la halakha.

L'éclairage du Rambam

Le Rambam dégage ici une belle idée. Au fond de lui-même, tout Juif désire faire ce qui est juste. Celui qui a promis de l'argent au Sanctuaire souhaite réellement le remettre. Le mari qui doit libérer sa femme reconnaît que lui donner le guet est la chose convenable. L'obstacle, c'est le yétser hara, qui l'empêche d'accomplir ce que lui-même veut vraiment. Une poussée venue de l'extérieur ne fait donc rien d'autre que le déplacer dans la direction que son propre cœur indique déjà.

Telle est la logique de la contrainte exercée sur un mari en matière de guet, contrainte qui, naturellement, ne s'exerce que sous l'autorité d'un beit din. Lorsqu'il finit par accepter, son accord est authentique, car il donne voix au désir intérieur véritable du Juif d'agir comme il convient.