Arachin, chapitre 5, Michna 5. Ce chapitre poursuit l'examen des formules qu'une personne emploie lorsqu'elle s'engage à donner quelque chose au Beit Hamikdach. Notre michna trace la frontière nette entre consacrer un objet précis et prendre sur soi une obligation personnelle mesurée d'après la valeur de cet objet, et elle montre ce qui se passe lorsque l'objet disparaît avant que l'engagement n'ait pu être accompli.
Consacrer l'objet lui-même
La michna s'ouvre sur deux déclarations. Dans la première, "chor zé ola" : un homme désigne un boeuf qui se tient devant lui et consacre cet animal pour être offert comme ola. Dans la seconde, "bayit zé korban" : il désigne sa maison et la déclare hekdech, de sorte que le bâtiment sera vendu et l'argent remis au Beit Hamikdach.
Puis survient le malheur : "met hachor venafal habayit". L'animal est mort alors qu'il se trouvait encore chez son propriétaire, sans jamais atteindre le Mizbéah, et le bâtiment s'est effondré avant que le trésorier du hekdech n'en ait pris possession. Dans un tel cas, la halakha est "eino hayav lechalem" : celui qui a prononcé la déclaration n'a strictement aucune obligation financière.
Le raisonnement découle directement de ses paroles. Il a consacré ce boeuf-là et aucun autre, cette maison-là et aucune autre. Dès l'instant où ce boeuf précis ou cette maison précise a disparu du monde, la consécration n'a plus rien à quoi se rattacher, et l'obligation s'évanouit avec elle.
S'obliger dans la valeur de l'objet
La michna modifie à présent la formule : "demé chor zé alaï ola". Celui qui parle prend sur lui l'obligation d'apporter une offrande ola valant autant que vaut cet animal. Le cas parallèle est "demé bayit zé alaï korban" : il s'engage à remettre au Beit Hamikdach une somme d'argent équivalente à la valeur de sa maison.
Le même malheur survient : "met hachor venafal habayit". L'animal est mort, le bâtiment s'est effondré, et aucune évaluation n'avait encore été faite. Ici, pourtant, la halakha énonce "hayav lechalem". L'obligation demeure. L'animal et le bâtiment sont évalués dans l'état où ils se trouvent maintenant, après la perte, et il verse cette estimation au Beit Hamikdach. Puisqu'il a rattaché son engagement à lui-même et non au bien, la dette repose sur lui, le bien ne servant que d'unité de mesure pour déterminer ce qu'il doit donner.
Pourquoi un animal et une maison ne sont pas comme une personne
Cela rappelle ce que nous avons appris plus haut : lorsqu'une personne qui faisait l'objet d'un engagement d'évaluation meurt, aucune estimation n'est faite du tout. Pourquoi un boeuf ou une maison seraient-ils différents et devraient-ils être évalués même après avoir été perdus ?
La distinction tient à ce qu'il reste ou non quelque chose de valeur. La valeur d'une personne se mesure au travail qu'elle peut accomplir, et un cadavre n'en accomplit aucun : il ne reste donc rien à évaluer. Mais un boeuf mort n'est pas sans valeur : sa carcasse peut encore servir. Une maison effondrée n'est pas non plus sans valeur : ses pierres subsistent et ont un prix. Ce que valent ces restes à ce moment-là est précisément ce que l'homme doit faire évaluer, et cette somme, il est obligé de la donner au Beit Hamikdach.