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Arachin, chapitre 7, michna 4 : le champ que personne n'a racheté

Arachin, chapitre 7, michna 4. Notre chapitre suit pas à pas le parcours d'un sdé ahouza, un champ familial reçu en héritage, depuis l'instant où son propriétaire l'a déclaré hekdech. La michna 3 traitait du cas d'un propriétaire qui n'avait jamais racheté son champ, alors qu'un étranger, lui, l'avait racheté du hekdech. Là, l'arrivée du yovel ne rendait pas la terre à la famille qui la possédait, et ne la confirmait pas non plus entre les mains de celui qui l'avait rachetée : le champ retournait au hekdech, et de là il était partagé entre les kohanim du michmar en service au Beit Hamikdash à ce moment précis. Notre michna aborde le seul cas encore en suspens : absolument personne n'a jamais racheté le champ, et le yovel arrive alors que la terre est toujours détenue par le hekdech.

La michna ouvre justement sur ce cas : « Higuia hayovel velo nig'ala », le yovel est arrivé et aucun racheteur ne s'est présenté. Que se passe-t-il alors ? « Hakohanim nichnassin letocha », la terre passe aux mains des kohanim, c'est-à-dire du michmar qui officie au Beit Hamikdash à cette heure, « venotnim et dameha », et ils en versent la valeur avant que la terre ne leur appartienne vraiment.

Pourquoi doivent-ils payer ? Parce que rien n'a encore libéré ce champ de sa sainteté. Il a été consacré et jamais racheté : la kédoucha est donc entièrement intacte, et le seul mécanisme capable de la retirer est le rachat. Les kohanim versent par conséquent la somme fixée par la Torah pour un sdé ahouza : cinquante chékalim pour chaque beit kor. Aucune obligation ne pèse sur eux ; personne ne contraint un kohen à acheter le champ. Mais c'est un placement avisé, car dès qu'ils le rachètent, le champ leur appartient définitivement, exactement comme s'il avait été depuis toujours leur propre champ ancestral. « Divrei Rabbi Yehouda », telle est la position de Rabbi Yehouda.

« Nichnassin aval lo notnin », voilà la décision de Rabbi Chimon : les kohanim entrent en possession du champ et ne versent absolument rien. Pas un seul chékel d'argent de rachat n'est dû au hekdech, car selon la lecture de Rabbi Chimon, la Torah leur accorde cette terre alors que sa kédoucha repose encore sur elle. Chacun de ces deux tannaïm appuie son avis sur les versets.

Une troisième opinion est celle de Rabbi Eliézer : « Lo nichnassin velo notnin ». Lorsque le yovel survient sur un champ consacré qu'aucun racheteur n'a jamais touché, les kohanim ne prennent rien et ne paient rien. Selon sa compréhension de la halakha, une telle terre ne leur revient tout simplement jamais. Le transfert aux kohanim ne concerne que la terre qui a été consacrée puis rachetée par un étranger avant l'arrivée du yovel ; la terre restée non rachetée durant toute cette période en est exclue.

Quel est donc son statut ? « Ela nikret sdé retouchin » : elle porte le nom de champ abandonné, elle demeure au hekdech et conserve sa kédoucha « ad hayovel hacheni », jusqu'à l'arrivée du yovel suivant. Si quelqu'un la rachète au cours de ces cinquante années, les kohanim la recevront lorsque ce second yovel arrivera.

Et si personne ne se manifeste ? « Higuia hayovel hacheni velo nig'ala » : cinquante ans plus tard, le second yovel arrive et le champ n'est toujours pas racheté. Désormais « nikret retouché retouchin », il gagne le nom de champ doublement abandonné, et l'attente se prolonge « ad hayovel hachlichi », jusqu'au troisième yovel, un siècle entier après le premier, pour voir si un racheteur finira par se présenter. Si c'est le cas, la terre est remise aux kohanim à l'arrivée de ce yovel.

La michna se conclut par une règle générale selon Rabbi Eliézer : « Le'olam ein hakohanim nichnassin letocha », le champ n'est jamais acquis par les kohanim, « ad cheyigalena aher », à moins qu'un autre ne l'ait racheté avant l'arrivée d'un yovel. Le nombre de cycles de yovel qui se succèdent ne change rien ; la règle reste rigoureusement la même. La terre demeure au hekdech indéfiniment, et elle ne parvient aux kohanim qu'au yovel qui suit un rachat effectif.