Arakhin, chapitre 9, michna 3. Après avoir traité de la vente et du rachat d'un sdé a'houza, un champ patrimonial, la michna passe à un tout autre type de bien : les maisons situées en Eretz Israël. Comme les champs patrimoniaux, les maisons peuvent être rachetées par leur propriétaire d'origine, mais les règles de ce rachat suivent leur logique propre et se distinguent de celles du champ patrimonial.
Il faut garder à l'esprit deux catégories d'habitations : la maison située à l'intérieur d'une ville entourée d'une muraille (arei 'homa) et la maison située dans une ville ouverte, sans muraille. La halakha dépend entièrement de la catégorie dont on parle. Les quatre michnayot qui suivent sont consacrées à la première, les maisons des villes murées.
Un rachat immédiat, mais limité à douze mois
Le cas de la michna est celui d'un homme qui vend une maison faisant partie des habitations d'une ville ceinte d'une muraille : « hamokher bayit bevatei arei 'homa ». À propos d'un tel vendeur, la michna tranche : « harei zé goel miyad », la possibilité de racheter sa maison lui est ouverte immédiatement. Le propriétaire d'un champ patrimonial devait attendre deux années entières avant de pouvoir le reprendre ; ici, le droit de rachat existe dès le jour même de la vente.
Combien de temps ce droit dure-t-il ? « Vegoel », il rachète, et il peut agir à n'importe quel moment des douze mois qui suivent, « kol chnem assar 'hodech ». Ce délai est toutefois strict. Une fois le douzième mois écoulé, la propriété se fixe définitivement chez l'acheteur et celui qui a vendu la maison perd son droit pour toujours. De telles maisons ne reviennent pas à leurs premiers propriétaires à l'arrivée du Yovel : le vendeur qui a laissé l'année passer sans agir n'a plus aucun recours, le bien appartient à l'acheteur à jamais.
Quelque chose qui ressemble à de l'intérêt
La michna s'arrête alors pour qualifier ce montage. Cela a un goût d'intérêt, « kemin ribit », et pourtant, ajoute la michna, « veeina ribit », ce n'est absolument pas de l'intérêt. La halakha veut qu'un vendeur qui reprend sa maison dans l'année restitue exactement la somme qu'il avait reçue. Si le prix de vente était de cent dinar, ce sont cent dinar qu'il rend, pas une pièce de plus, pas une pièce de moins.
À première vue, cela ressemble à un prêt avec intérêt. L'argent de l'acheteur lui est rendu intégralement, comme le capital d'un prêteur, et entre-temps il a habité la maison pendant la plus grande partie d'une année sans rien payer pour cela. La michna enseigne pourtant : « veeina ribit », ce n'est pas de la ribit. Cela en a l'apparence, mais le mécanisme de rachat institué par la Torah elle-même n'est pas un prêt interdit.
Si le vendeur ou l'acheteur meurt
Que se passe-t-il si la mort survient au cours de cette année ? Si le vendeur décède, « met hamokher », la michna tranche : « yigal beno », son fils peut effectuer le rachat. Le droit de racheter la maison fait lui-même partie de la succession, et l'héritier prend la place qu'occupait son père.
Et si c'est l'acheteur qui meurt, « met haloke'a'h », la maison passe entre les mains de son héritier, et la michna enseigne « yigal miyad beno » : celui qui l'a vendue la rachète directement à cet héritier.
Compter l'année depuis la vente initiale
« Eino moné lo chana » : les douze mois se comptent, dit la michna, « éla micha'a chemakhar lo », uniquement à partir du moment de la transaction initiale. Si l'acheteur revend le bien à un tiers, l'année du vendeur ne recommence pas. Une seconde vente ne relance pas le compte ; il court depuis le jour où la maison a quitté pour la première fois les mains de son propriétaire.
Cela se déduit du passouk « ad melot lo chana temima », jusqu'à l'accomplissement d'une année pour lui. La michna s'appuie sur le mot « lo », pour lui, qui désigne celui qui a vendu la maison. Le décompte part donc de sa propre vente, quel que soit le nombre de mains par lesquelles le bien est passé ensuite.
Qu'ajoute le mot temima ?
« Ukhchehou omer temima, lehavi 'hodech haïbour » : le mot supplémentaire de la Torah, « temima », une année entière, vient inclure le treizième mois que comporte une année embolismique. Lorsque la vente a eu lieu dans une année à laquelle un mois a été ajouté, le délai de rachat du vendeur s'étend sur treize mois, puisque ce mois supplémentaire appartient à l'année elle-même. Selon cette lecture, « temima » enseigne une halakha qui ne concerne que l'année embolismique et n'apporte rien dans une année ordinaire.
Rabbi lit ce mot autrement. Pour lui, la Torah « yiten lo chana veïboura », accorde au vendeur une année accompagnée de son supplément, et cela vaut pour chaque année, et pas seulement pour une année embolismique. Le supplément dont il parle est l'écart d'environ onze jours par lequel l'année lunaire est plus courte que l'année solaire d'à peu près 365 jours, celle du calendrier auquel nous sommes tous habitués. Selon Rabbi, « temima » garantit donc au vendeur 365 jours complets pour reprendre sa maison, dans une année ordinaire tout autant que dans une année embolismique.