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Arakhin, chapitre 8, michna 3 : quand le cinquième du propriétaire l'emporte sur l'enchère

Arakhin, chapitre 8, michna 3. Notre chapitre traite de la vente publique d'un champ consacré au Beit Hamikdash, où celui qui en était le propriétaire enchérit face à des étrangers pour le droit de le racheter. La michna précédente s'achevait sur une égalité : si le propriétaire annonce exactement la même somme qu'un étranger, le champ lui revient, car la Torah lui impose un cinquième en plus de ce qu'il propose, de sorte que le hekdech, le trésor du Beit Hamikdash, encaisse davantage avec lui. Notre michna pousse cette logique un cran plus loin. Supposons que le chiffre du propriétaire soit inférieur à celui de l'étranger, et que pourtant, une fois compté son cinquième obligatoire, le trésor sorte encore gagnant avec lui. Que décide-t-on ?

Le propriétaire propose vingt, l'étranger vingt et un

Le propriétaire a annoncé vingt sela'im. Un second homme s'avance alors et dit « harei hi cheli », elle est à moi, « be'esrim ve'a'hat », pour vingt et un. La règle est « haba'alim notnim esrim vachech » : le champ reste au propriétaire, et celui-ci débourse vingt-six sela'im.

Voici comment on arrive à ce chiffre. Les vingt du propriétaire entraînent avec eux un 'homech, et un rappel s'impose : partout où la Torah parle d'un 'homech, il s'agit d'un cinquième de la somme finale, ce qui revient à vingt-cinq pour cent du chiffre de départ. Vingt sela'im plus leur cinquième font vingt-cinq, soit plus que les vingt et un de l'étranger : l'offre du propriétaire est donc la meilleure pour le trésor, et il garde le champ.

Il ne peut pourtant pas s'en tirer en ne payant que vingt. L'offre de l'étranger a publiquement établi que le champ vaut vingt et un, et le trésor doit recevoir au minimum la valeur ainsi établie du champ à titre de principal. Le propriétaire verse donc les vingt qu'il a proposés, plus cinq sela'im pour le 'homech, plus encore un séla pour porter le principal aux vingt et un offerts : vingt-six en tout.

Retenez bien ce mécanisme, car il commande toute la michna : le 'homech se calcule uniquement sur la somme que le propriétaire a lui-même annoncée. Les sela'im supplémentaires ne font que s'ajouter ensuite, autant qu'il en faut pour égaler le chiffre de l'étranger.

Les enchères qui montent

« Be'esrim ouchtayim » : l'étranger offre vingt-deux. « Haba'alim notnim esrim vachéva » : le propriétaire paie vingt-sept, à savoir ses vingt, cinq pour le 'homech, et deux de plus pour atteindre les vingt-deux offerts.

« Be'esrim vechaloch » : quelqu'un offre vingt-trois. « Haba'alim notnim esrim ouchmona » : vingt-huit, c'est-à-dire les vingt, les cinq du 'homech, et trois de plus pour atteindre vingt-trois.

« Be'esrim ve'arba » : quelqu'un offre vingt-quatre. « Haba'alim notnim tich'a ve'esrim » : vingt-neuf, c'est-à-dire les vingt, les cinq, et quatre de plus.

« Ba'hamicha ve'esrim » : quelqu'un offre vingt-cinq. « Haba'alim notnim chelochim » : trente, c'est-à-dire les vingt, les cinq, et cinq de plus pour atteindre vingt-cinq.

Dans toute cette série, le cinquième du propriétaire ne bouge jamais de cinq sela'im, si haut que grimpe son total au-dessus de vingt. La michna en donne la raison en quelques mots : « che'ein mossifin 'homech », on n'ajoute pas de cinquième, « al ilouyo chel zé », à cause de la surenchère faite par l'autre. Ce que la Torah impose au propriétaire, c'est un cinquième du chiffre qu'il a lui-même prononcé, et rien au-delà. Les sela'im excédentaires qu'il verse n'ont qu'un seul but : porter le kéren, le principal qui parvient au trésor, à la valeur que le champ s'est révélé avoir ; ils ne portent aucun cinquième propre.

Quand l'offre de l'étranger égale l'enchère du propriétaire augmentée de son cinquième

Quand l'offre de l'étranger égale l'enchère du propriétaire augmentée de son cinquième

Cas suivant : un étranger lance « be'esrim vachech », vingt-six, exactement la somme que donnent les vingt du propriétaire une fois leur cinquième inclus. Ici, l'offre du propriétaire ne dépasse plus celle de son rival, et la michna ne lui attribue le champ qu'à une condition, formulée ainsi : « im ratsou haba'alim », si les propriétaires étaient disposés, « litén chelochim ve'ehad vedinar », à verser trente et un sela'im et un dinar, ce qui signifie que son enchère à lui était de vingt et un dès le départ.

Détaillons. Il y a quatre dinarim dans un séla, donc un cinquième de vingt et un sela'im vaut cinq sela'im et un dinar : cinq pour les vingt, et un quart de séla pour le séla supplémentaire. Un propriétaire qui a enchéri vingt et un doit donc vingt et un plus cinq et un dinar, soit un total de vingt-six sela'im et un dinar, un dinar de plus que les vingt-six de l'étranger. « Haba'alim kodmin », les propriétaires ont priorité, et le champ lui est adjugé.

Une fois le champ à lui, la même règle que précédemment s'applique : son principal doit être porté au niveau du chiffre de l'étranger, vingt-six, ce qui représente cinq sela'im de plus par-dessus ses vingt et un. Sa facture finale s'élève à trente et un sela'im et un dinar. Et notez l'ordre des choses : avant même cette majoration, son enchère avec son 'homech atteignait déjà vingt-six et un dinar, soit un peu plus que l'offre concurrente, et c'est précisément pour cela que le champ lui est revenu.

Quand le trésor n'y perd rien

« Ve'im lav » : si le propriétaire n'avait pas proposé vingt et un mais seulement vingt, et que l'étranger offre vingt-cinq, alors « omrim higui'atkha », le trésorier dit à l'enchérisseur extérieur que le champ lui est revenu. Les vingt du propriétaire avec leur cinquième atteignent exactement vingt-cinq, pas plus que ce qu'offre l'étranger. Puisque le trésor ne gagne rien à revenir vers le propriétaire, il n'y a aucune raison de le contraindre à racheter son propre champ pour une somme qu'il n'a jamais voulu payer.

On pourrait objecter : si nous avions imposé le champ au propriétaire, il aurait fini par devoir porter son principal à vingt-cinq, et le trésor aurait encaissé trente. Mais ce versement supplémentaire n'est qu'une conséquence de la décision, non un élément qui entre dans la décision. La comparaison qui tranche le cas est étroite : l'offre de l'étranger d'un côté, l'enchère du propriétaire avec son 'homech de l'autre. Le plus élevé des deux emporte le champ. Et lorsque les deux chiffres sont égaux, le champ revient au nouveau venu. On ne retourne pas vers le propriétaire pour lui demander une nouvelle offre quand son enchère plus le cinquième ne fait qu'égaler la nouvelle enchère. À ce moment-là, le champ appartient à l'enchérisseur extérieur, et il est à lui.