Arakhin, chapitre 2, michna 3. Ce chapitre continue de rassembler les halakhot régies par un minimum fixe et un maximum fixe, et notre michna ajoute deux sujets à la liste : les sonneries de trompettes retentissant dans le Beit Hamikdach, et les instruments de musique dont jouaient là les Leviim.
Les trompettes
Chaque fois que l'on offrait les korbanot publics, le Tamid quotidien ainsi que ceux de Chabbat, de Roch Hodech et des fêtes, il y a une mitsva de sonner des trompettes dans le Beit Hamikdach. Cette sonnerie était confiée aux kohanim.
Notre michna enseigne : "Ein pohatin", on ne descend jamais en dessous de, "mé'esrim vé'ahat tekiot baMikdach", vingt et une sonneries dans le Mikdach. Un jour de semaine ordinaire, le compte ne tombait jamais au-dessous de ce chiffre. Et à l'autre extrémité, "vélo mossifin", on ne dépasse jamais, "al arba'im ouchmona", quarante-huit, plafond valable pour n'importe quel jour de l'année.
D'où vient le chiffre de vingt et une ? À l'aube, quand on ouvrait grand les portes de la Azara, trois sonneries retentissaient. L'offrande du Tamid du matin était accompagnée de neuf, et le Tamid de l'après-midi de neuf autres. En additionnant, trois avec neuf et neuf, on obtient vingt et un.
Comment atteindre le maximum de quarante-huit
- Un jour où l'on offrait un korban Moussaf, que ce soit une fête, Roch Hodech ou Chabbat, neuf sonneries supplémentaires étaient données. Vingt et un plus neuf font trente.
- Le vendredi après-midi, six sonneries avertissaient le peuple de cesser le travail avant Chabbat, et trois autres annonçaient l'entrée de Chabbat. Cela porte le compte à trente-six. Ainsi un jour de Moussaf tombant un vendredi atteignait trente-six sonneries.
- À Souccot, la cérémonie du puisement de l'eau ajoutait douze sonneries de plus. Quand Souccot coïncidait avec un vendredi, tout cela se cumulait et le total atteignait quarante-huit.
Les nevalim
Des trompettes, la michna passe aux instruments des Leviim, dont le chant accompagnait l'offrande des korbanot publics. "Ein pohatin", le minimum est, "michnei nevalim", deux nevalim, une sorte d'instrument à cordes, "vélo mossifin al chicha", et le plafond est de six. Pourquoi s'arrêter à six ? Parce qu'au-delà, la musique cesserait d'être agréable, les instruments se bousculant et se brouillant les uns les autres.
Les halilin
"Ein pohatin michnei halilin", quand on jouait de la flûte dans le Beit Hamikdach, on n'en utilisait jamais moins de deux, "vélo mossifin al chenéim assar", et jamais plus de douze. Le nombre douze correspond au nombre de jours de l'année où l'on jouait de la flûte.
La michna énumère maintenant ces jours : "Ouvichteim essré yom bachana", et en douze jours au cours de l'année, "héhalil maké lifnei hamizbéah", la flûte résonnait devant le mizbéah. Les joueurs se tenaient dans la Azara pendant que l'on offrait les korbanot de ce jour-là.
- "Bichhitat Pessah richon", lors de la chehita du Korban Pessah, le quatorze Nissan, au chant du Hallel.
- "Ouvichhitat Pessah cheni", et de nouveau un mois plus tard, le quatorze Iyar, lors de la chehita de Pessah Cheni, accompagnée là encore du Hallel.
- "Ouveyom tov richon chel Pessah", au premier Yom Tov de Pessah.
- "Ouveyom tov chel Atseret", à Chavouot, que la michna appelle ici Atseret.
- "Ouvichmona yemei héHag", et durant les huit jours de Souccot, Chemini Atseret étant compté dans ce total.
Qu'accompagnait la flûte en ces douze occasions ? Le chant. Les Leviim récitaient le Hallel en entier pendant que l'on offrait les nessakhim, le vin versé sur le mizbéah avec le Tamid de ce jour, et les flûtes jouaient avec leurs voix.
Deux détails au sujet de la flûte
Après avoir établi combien de flûtes on utilisait et quels jours on en jouait, la michna ajoute deux halakhot supplémentaires les concernant.
"Vélo haya maké", l'instrument dont on jouait n'était pas, "bé'avouv chel nehochet", un tuyau de cuivre, "ela bé'avouv chel kané", mais bien un tuyau façonné dans du roseau, "mipnei chekolo arev", car un tuyau de roseau produit un son plus doux et plus fin que celui d'un métal.
"Vélo haya mahlik", et la note finale n'était pas donnée, "ela bé'avouv yehidi", sinon par un tuyau seul. Quand la musique touchait à sa fin, les autres instruments se taisaient et une unique flûte portait seule les dernières notes, "mipnei chehou mahlik yafé", car une seule flûte achève la mélodie bien plus joliment qu'un groupe qui s'arrête d'un coup.