Arakhin, chapitre 3, michna 1. Il existe des domaines de la halakha où la Torah ne demande pas quelle est la valeur réelle d'une chose. Elle fixe une somme déterminée, et cette somme est versée que l'objet de l'obligation vaille bien davantage ou bien moins. Tout ce chapitre est consacré à ces lois, et les arakhin, le sujet de notre massekhet, en constituent le premier exemple.
Comme nous l'avons appris au premier perek, lorsqu'une personne consacre sa propre valeur au Beit Hamikdach, ou déclare le érekh d'autrui, le montant dû est déterminé par un tableau de la Torah qui ne tient compte que du sexe et de l'âge. L'individu qui se tient devant nous ne change rien. Une somme fixe de ce genre jouera parfois en faveur de celui qui a voué, et parfois contre lui : c'est précisément ce que notre michna veut souligner.
La liste des paiements fixes
« Yech baarakhin lehakel oulehahmir » : dans les halakhot des arakhin, la somme fixe peut se révéler parfois plus légère pour celui qui a voué, parfois plus lourde, selon les circonstances de chaque cas.
« Bisdé ahouza lehakel oulehahmir » : le rachat d'un champ patrimonial suit le même schéma. Un sdé ahouza est une terre agricole en Eretz Yisraël, parvenue à son propriétaire actuel de l'ancêtre qui l'avait reçue lors du partage du pays sous Yehochoua bin Noun. Si le propriétaire la consacre au Beit Hamikdach, le prix de rachat est le taux établi par la Torah, et la valeur marchande de ce champ précis n'est jamais consultée. Ici encore, le résultat peut être avantageux ou coûteux.
« Bechor hamouad chehémit ét haéved lehakel oulehahmir » : un chor hamouad est un bœuf qui a déjà encorné des personnes à trois reprises. S'il encorne encore une fois et provoque cette fois la mort d'un esclave kenaani, son maître reçoit trente selaïm du propriétaire du bœuf. Ce chiffre est figé, quelle qu'ait été la valeur de cet esclave. Une fois de plus, dans certains cas une koula et dans d'autres une houmra.
« Beonès, oumfaté, oumotsi chem ra » : trois paiements imposés à un homme. Le onès est celui qui a violé une naara, une jeune fille âgée de douze ans à douze ans et demi. Le mefaté a séduit une telle jeune fille et elle a consenti. Chacun d'eux verse une amende de cinquante selaïm, et le rang social de sa famille n'intervient aucunement dans ce chiffre. Le motsi chem ra est un mari qui diffame son épouse en l'accusant d'adultère commis durant la période située entre les érousin et les nissouin, entre les fiançailles halakhiques et le mariage lui-même. Il paie cent selaïm, et là aussi le rang de l'épouse ne modifie pas la somme.
Dans chacun de ces cas, puisque le montant est fixé d'avance, le paiement peut se révéler une aubaine ou une charge pesante.
Comment les arakhin jouent dans les deux sens
« Yech baarakhin lehakel oulehahmir. Keitsad ? » La michna vient maintenant démontrer son affirmation d'ouverture. Comment exactement le érekh contient-il à la fois un allègement et une rigueur ?
« Éhad hamaarikh ét hanaé chebeYisraël veét hakaour chebeYisraël » : le érekh est identique, que la personne nommée soit l'homme le plus beau d'Israël, qui pourrait obtenir cent manè d'un acheteur, ou l'homme le plus laid d'Israël, dont le prix n'atteindrait peut-être pas cinq selaïm. Du moment qu'il s'agit d'un homme âgé de vingt à soixante ans, « notèn hamichim séla », la somme due est de cinquante selaïm, et aucun autre facteur n'entre dans le calcul.
Cinquante selaïm pour un homme dont la valeur marchande est de cent manè constituent un allègement remarquable : celui qui a voué s'acquitte pour une fraction de ce que vaut cet homme. Mais cinquante selaïm pour un homme qui en vaut cinq sont une sérieuse rigueur : il paie dix fois la valeur de la personne qu'il a nommée. Un seul chiffre fixe, deux résultats opposés.
Le contraste : « haré damav alaï »
« Veïm amar haré damav alaï, notèn ét chovyo. » Supposons qu'il ait choisi le langage des damim plutôt que celui du érekh, s'engageant ainsi pour la valeur monétaire de cette personne comme don au hekdèch. Il doit alors exactement ce que cet individu rapporterait, le prix qu'un acheteur paierait pour lui au marché des esclaves. Une telle somme se mesure entièrement à la personne précise qui a été nommée, et elle peut se situer bien au-dessus de cinquante selaïm comme bien en dessous.
Placez les deux vœux côte à côte et l'affirmation de la michna devient claire. Comparé au vœu de damim, qui suit la valeur réelle, le vœu de érekh coûtera parfois bien moins et parfois bien plus, tout dépendant de qui est la personne concernée.