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17 Tevet

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La vingt-huitième « chambre » dans le palais du Hayom Yom.

Vendredi 17 Tevet 5703.

Cours : 'Houmach, Vaye'hi, chichi, avec le commentaire de Rachi.

Tehilim, 17e jour du mois, du chapitre 83 au chapitre 87 inclus.

Tanya, nous nous trouvons dans la dernière partie du chapitre 17, depuis le mot « veod » jusqu'à la fin du chapitre, « kemo chekatouv bemakom a'her ».

Dans l'enseignement du jour, le Rebbe évoque une coutume particulière qui, cette année-là (5703), tombait ce jour même, le 17 Tevet, mais il s'agit d'une coutume qui existe chaque année. En principe, elle dépend de la date du calendrier civil : la nuit du vingt-quatre au vingt-cinq décembre, chaque année. Cette nuit s'appelle « leil Nittel », et nous expliquerons ce que c'est et en quoi cela nous concerne.

Lisons d'abord la première ligne : « l'usage est de ne pas étudier pendant Nittel » - l'usage est de ne pas étudier la Torah durant la nuit de Nittel. Expliquons d'abord brièvement ce qu'est « Nittel ». Ici c'est écrit ניתל avec un tav, et il y a des endroits où c'est écrit ניטל avec un tet, et les deux graphies ont un sens. Dans une de ses lettres, le Rebbe écrit que si l'on écrit « Nittel » avec un tet, cela vient du mot « nital », pris, retiré, une expression de manque et d'absence ; ou bien, en latin, « natal » signifie naissance, et c'est le jour de la naissance de cet homme, que son nom et son souvenir soient effacés. Et si l'on écrit « Nittel » avec un tav, comme ici, cela vient du mot « nitla », pendu : ce jour-là, il « fut pendu ».

Quoi qu'il en soit, ce jour-là, qui dans la plupart des endroits est fixé, comme nous l'avons dit, à la date civile de la nuit du vingt-quatre au vingt-cinq décembre, l'usage est de ne pas étudier la Torah durant la nuit. Jusqu'à quand ? Nous le verrons à la fin de l'enseignement.

Quelle est la raison pour laquelle on n'étudie pas la Torah, et quel est le rapport avec la fête des chrétiens ? Le Rebbe rapporte au nom du Rebbe Rayats : « J'ai entendu de mon père et maître [le Rebbe Rachab] » - le Rebbe Rayats rapporte ce qu'il a entendu de son père, le Rebbe Rachab - « la raison ». D'une manière générale, dans les livres - il existe un ouvrage appelé « Taamei Haminhaguim » - de nombreuses raisons sont données à ce sujet.

[Le Rebbe lui-même apporte dans les « Likoutei Si'hot », à un endroit, une raison pour laquelle on a institué de ne pas étudier : parce qu'il y avait des endroits où, cette nuit-là, la fête des chrétiens, on frappait les Juifs que l'on apercevait dans la rue, et il y avait un danger de mort à circuler dehors ; c'est pourquoi on a décrété de ne pas se rendre à la maison d'étude afin de ne pas être blessé - une question de pikoua'h nefech, pour ne pas les croiser. C'est l'une des raisons que le Rebbe rapporte.]

Il existe encore d'autres raisons, et ici le Rebbe explique une raison intérieure, selon le sod, pour laquelle il ne faut pas étudier la Torah : « la raison est de ne pas ajouter de vitalité ». L'étude de la Torah fait descendre de la vitalité dans le monde, et parfois - comme on le sait, lorsqu'une personne étudie la Torah chelo lichma - la vitalité divine de la Torah passe aux domaines de la kelipa. Ainsi que l'écrit l'Admour Hazaken dans son Choul'han Aroukh, dans les lois de l'étude de la Torah, qu'au sujet d'un « racha qui étudie la Torah » il est dit : « Et au racha, D.ieu dit : qu'as-tu à raconter Mes décrets » ; un homme mauvais qui étudie la Torah, si son intention n'est pas juste, son étude passe aux domaines de la kelipa. Ainsi donc, lorsque le manque se situe dans l'intention, l'étude s'en va vers des endroits qui ne conviennent pas.

Et il y a aussi un problème dans le temps lui-même : il existe des moments où la force de la kelipa se renforce, et alors, quelle que soit l'intention, la Torah étudiée à ce moment-là risque de partir vers des endroits qui ne conviennent pas. C'est pourquoi on ne veut pas ajouter de vitalité à cet homme et à ceux qui suivent sa voie. C'est aussi la raison pour laquelle les Juifs qui habitent dans les pays ismaélites, où il n'y a pas de fêtes chrétiennes, ne connaissent pas du tout cette coutume de ne pas étudier, par laquelle s'ouvre l'enseignement.

Et lorsqu'on dit « ne pas étudier », il ne s'agit pas seulement de la Torah du nigleh, mais de ne rien étudier du tout, pas même la 'hassidout. Par exemple, le Rav Weinberg, un Juif précieux qui donnait des cours réguliers à la radio sur le Tanya : une fois, le cours tombait précisément à cette date, entre le vingt-quatre et le vingt-cinq décembre, et il demanda au Rebbe s'il devait donner le cours de Tanya ce jour-là. Le Rebbe lui répondit de profiter de son émission pour raconter des histoires 'hassidiques, car les histoires ont une force plus grande et ne se déversent pas vers les endroits qui ne conviennent pas. Quoi qu'il en soit, on n'étudie pas, pas même la 'hassidout.

Il est intéressant de noter que dans les carnets du Rebbe, il est raconté qu'une fois le More-Tsedek de Loubavitch entra chez le Rebbe le Tsemah Tsedek précisément la nuit de Nittel, la nuit du vingt-quatre au vingt-cinq décembre, et il vit que le Rebbe était assis et étudiait. Le Rav fut stupéfait et dit spontanément : « Rebbe, Nittel ». Le Tsemah Tsedek lui répondit : « Qui t'a demandé de le dire ? » - mais il ferma le livre et cessa d'étudier. Il est possible que l'étude d'un Rebbe ait une autre signification, mais telle est l'histoire.

Il est intéressant de signaler que le Rebbe a parlé de Nittel en 5749, et cela figure dans le Sefer Hasi'hot 5749, où il y a un long développement sur ce sujet de la non-étude pendant Nittel. Le Rebbe dit : le Rebbe Rachab, qui est celui mentionné ici et qui a expliqué « pour ne pas ajouter de vitalité », que faisait-il la nuit de Nittel ? Il jouait aux échecs, ou bien il se tenait près du jeu et le dirigeait. Et par cela il voulait transmettre un message, comme le dit le Rebbe dans la si'ha : ce temps pendant lequel on n'étudie pas ne doit pas être passé en vain, mais être mis à profit pour quelque chose d'utile.

Le Rebbe dit qu'il y a une utilité au jeu d'échecs, car il comporte de la sagesse, et lorsqu'il est fait lechem chamayim il est tout à fait convenable, comme en ce moment où il est interdit d'étudier. Et son utilité va dans plusieurs directions, dit le Rebbe : premièrement, il aiguise l'esprit, et par conséquent, lorsque l'on viendra ensuite étudier la Torah, on étudiera mieux, car on aura une meilleure compréhension. Deuxièmement, il y a là un kidouch Hachem, car les non-Juifs voient la sagesse des Juifs et leur réussite dans un domaine qui, peut-être, leur est plus difficile. Et troisièmement, il y en a pour qui c'est leur gagne-pain, et il est permis à l'homme de travailler pour sa parnassa lechem chamayim.

Dans cette même si'ha, le Rebbe raconte qu'il y avait autrefois un bahour de yechiva qui se promenait avec un costume sans boutons, et quand on lui demanda pourquoi il n'arrangeait pas ses boutons, il répondit : si j'arrange les boutons maintenant, que ferai-je la nuit de Nittel ? C'est pourquoi il attendait que vienne la nuit de Nittel, et alors il réparerait ses boutons.

Le Rebbe dit encore que l'on peut mettre ce temps à profit pour contempler l'image du Rebbe - il existe des photographies et des portraits de nos Rebbes, nos Nessiim, et on peut les contempler à ce moment-là. Il y a de nombreuses façons d'occuper ce temps, mais la Torah, il a été dit de ne pas l'étudier.

Fin de l'enseignement : « Une fois, mon père et maître [le Rebbe Rachab] m'a dit » - une fois le Rebbe Rachab a dit, et l'enseignement est écrit en yiddish : « ces étudiants assidus, à qui ces « huit heures » touchent l'âme » - ces élèves assidus dans l'étude de la Torah, à qui les huit heures pendant lesquelles on n'étudie pas touchent l'âme. L'expression « huit heures » est un peu difficile à comprendre, car il n'y a pas ici huit heures - en effet l'enseignement se termine, comme nous le verrons, à 'hatsot, minuit, et quand commence-t-il alors ? Il est difficile d'y situer exactement huit heures.

C'est pourquoi certains ont voulu expliquer un point intéressant : selon l'institution du Rebbe Rachab d'étudier chaque jour quatre heures de 'hassidout et huit heures de nigleh, il se trouve que le temps de Nittel, durant lequel on n'étudie pas, ampute les huit heures de nigleh. Et il y a des élèves assidus que cela touche, qui tiennent à compléter le quota des huit heures dans cette même journée, car ils ne veulent pas perdre les heures qui se sont envolées.

Le Rebbe Rachab dit à propos de ces élèves assidus, à qui le fait de compléter les huit heures touche l'âme : « cela ne me plaît pas ». Pourquoi ? Parce que si l'élève étudie parce qu'il recherche l'intelligence contenue dans la chose, alors il lui faut absolument compléter le quota - mais ce n'est pas la bonne direction. Et s'il étudie parce qu'il veut recevoir la sainteté de la Torah, alors, lorsqu'il sait qu'à ce moment-là la sainteté de ta Torah risque, à D.ieu ne plaise, de partir vers des endroits qui ne conviennent pas, il devrait être content de ne pas étudier. Cet empressement à rattraper montre un peu que l'élève ne recherche pas le contenu divin de l'étude, mais la sagesse intellectuelle qu'elle contient.

Le Rebbe conclut - et certains disent que cette conclusion s'adresse justement à ces élèves assidus : « et cela ne dure que jusqu'à 'hatsot, minuit » - à minuit la chose prend fin, et après cela on peut étudier. Il se peut qu'il dise à ces élèves : si vous voulez vraiment compléter les huit heures, allez dormir maintenant et levez-vous après minuit, et alors rien n'empêche d'étudier.

Quoi qu'il en soit, voici le point qu'il faut savoir : l'étude de la Torah doit se faire dans la sainteté et la pureté, mais il faut savoir qu'il existe des moments où l'étude n'est pas appropriée. Comme le rapporte le Rebbe dans une de ses lettres : quelqu'un demanda un jour comment il est possible de dire d'une étude de Torah qu'elle n'est pas souhaitable - la Torah n'est-elle pas une chose sainte, et comment peut-on dire qu'elle n'est pas souhaitable ? Le Rebbe apporte plusieurs exemples : un homme qui se trouve à Ticha BeAv, à qui l'on dit qu'il y a de grandes parties de la Torah qu'il lui est interdit d'étudier maintenant, car il est limité à n'étudier que les sujets permis à Ticha BeAv ; de même un homme qui se trouve dans les sept jours de deuil, qui lui aussi est limité dans l'étude de la Torah.

Ainsi donc, il existe des situations où la Torah elle-même dit qu'à ce moment-là tu ne peux pas étudier. La différence est que là-bas on n'étudie pas la plupart des parties de la Torah, mais il y a des parties qui restent permises ; tandis qu'ici on dit qu'à ces heures-là on ne peut rien étudier du tout. Tel est l'accomplissement de la Torah par cette voie, et c'est la fin de l'enseignement quotidien du 17 Tevet.