Vingt-quatrième « chambre » dans le palais du Hayom Yom.
Lundi 13 Tevet 5703.
Étude : Houmach, Vayechi, chéni, avec le commentaire de Rachi.
Tehilim, 13 du mois, du chapitre 69 au chapitre 71 inclus.
Tanya, nous sommes au milieu du chapitre 9, depuis les mots « Akh hiné » jusqu'aux mots « kerichpé éch ».
Une courte pensée qui trouve sa source dans une lettre que le Rebbe Rashab écrivit au Rebbe Rayatz, et qui fait partie de ce que le Rebbe entendit en 5690 de son beau-père, le Rebbe Rayatz. Le Rebbe la nota dans ses réchimot, et ici il recopie cette pensée. Elle est très brève, mais son message est merveilleux et engageant.
Lisons d'abord l'ensemble de la pensée telle qu'elle est formulée, puis développons-la un peu. La première phrase : « Lorsqu'on dresse un réverbère, ceux qui désirent la lumière se rassemblent, car « la lumière attire » - la lumière tire vers elle ». La lumière attire les gens à venir vers elle.
Au sujet de l'expression « lorsqu'on dresse un réverbère » : il existe une lettre que le Rebbe écrivit au machpia Rav Nissan Nemanov en 5712, alors qu'il était machpia à la yechiva de Brunoy, en France. Le Rebbe l'encourage à préparer des programmes pour les farbrenguen qu'il faut organiser durant le mois de Kislev, et il lui écrit qu'il faut veiller à ce que les farbrenguen ne se tiennent pas uniquement à la yechiva ou dans les maisons des 'hassidim, mais aussi dans toutes les synagogues concernées, et qu'il faut également s'efforcer que le farbrenguen soit annoncé dans les journaux et par d'autres moyens.
Le Rebbe lui explique l'idée, pourquoi il faut que la chose soit rendue publique : puisqu'il y a cette pensée, « lorsqu'on dresse un réverbère », qui attire la lumière, il faut que ceux qui se trouvent dehors sachent eux aussi qu'un réverbère a été dressé, et s'ils le savent, ils se rassembleront eux aussi autour de lui.
Et où faut-il dresser le réverbère ? Dans la rue, à l'endroit qui est « dehors ». Il y a ceux que l'on peut atteindre directement et à qui l'on peut parler, et il y a ceux que l'on ne peut même pas rencontrer et que l'on ne connaît pas ; mais le simple fait que tu fasses connaître la chose et que l'on sache que tu as dressé un réverbère, cela même attire la lumière.
Ainsi que le Rebbe le souligna une fois dans une si'ha, à travers une pensée différente dans sa formulation mais identique dans son idée : le Rebbe Rashab dit un jour qu'un 'hassid est comme un « allumeur de réverbères ». Autrefois, l'usage voulait qu'il y ait dans les rues des points d'éclairage, et un homme devait faire le tour avec une torche, arriver à chaque point censé diffuser de la lumière et l'allumer. Ainsi en est-il du 'hassid : il y a beaucoup de Juifs, et chaque Juif est un potentiel de lumière, c'est pourquoi il faut aller et éclairer.
À cette même occasion, le Rebbe Rashab dit : parfois tu ne vois pas de gens autour de toi, peut-être parce qu'il n'y a personne, ou parce qu'ils sont là mais cachés dans toutes sortes de trous et de fissures. Tu n'es pas pour autant dispensé de ta mission : tu dois allumer le réverbère, et alors se rassembleront autour de lui des gens qui entendront qu'il y a ici un réverbère, et en fin de compte ils deviendront eux-mêmes, eux aussi, des allumeurs de réverbères.
L'expression employée dans cette pensée : qui se rassemble ? « Ceux qui désirent la lumière se rassemblent ». Dans le terme « désirent » (' 'hafetzim ') il y a une nuance très intéressante. En 5708, le Rebbe écrivit une lettre au 'hassid Rav Yehouda 'Hitrik, et l'encouragea en lui disant qu'il pouvait agir sur d'autres Juifs et les rapprocher de la 'hassidout, à la manière de l'huile, dont la nature est de pénétrer en toute chose et de s'infiltrer partout.
Rav 'Hitrik écrivit en retour au Rebbe et demanda que faire avec des gens enfermés en eux-mêmes et dans leur propre monde, que l'on a du mal à atteindre : comment peut-on les sortir de cet état ? Le Rebbe lui répondit par cette pensée et lui dit : sois précis dans les mots. Il est écrit « lorsqu'on dresse un réverbère, ceux qui désirent la lumière se rassemblent » - qui sont « ceux qui désirent » ?
Le Rebbe dit qu'il est écrit dans la 'hassidout qu'il y a une différence entre le mot « 'héfetz » (désir) et le mot « ratzon » (volonté) : le « ratzon » est une volonté extérieure, tandis que le « 'héfetz » exprime une volonté intérieure. Cela signifie : il y a des Juifs qui disent extérieurement qu'ils ne veulent pas du tout, qu'ils ne sont pas concernés et que cela ne les intéresse pas ; mais la vérité est que chaque Juif, au plus profond de son intériorité, veut. Il n'existe pas de Juif qui ne veuille pas, comme l'enseigne le célèbre psak du Rambam à propos des lois du divorce, selon lequel chaque Juif veut réellement accomplir la volonté d'Hachem.
Dès lors, puisque chaque Juif veut de manière intérieure, même si cela ne se voit pas pour l'instant de façon manifeste, chaque Juif « désire » la chose. Et si seulement tu dresses un réverbère, tu feras que chez tous les Juifs qui désirent - et qui sont ceux qui désirent ? Chaque Juif désire - le désir intérieur s'éveille vers l'extérieur, et alors ils viendront vraiment et se rapprocheront du réverbère.
Dans une autre lettre, le Rebbe écrit que si l'on dit « on dresse un réverbère » et que le réverbère attire la lumière, alors, lorsqu'on dresse le maor de la 'hassidout, le maor de la Torah qu'est la Torat ha'hassidout, qui est bien plus qu'un réverbère, il est absolument certain que l'on se rassemblera autour de lui. Et cela doit se faire de telle manière que même celui qui se trouve dans une autre rue, qui n'est pas à proximité du réverbère et du maor que l'on a allumé, reçoive le message dans les lettres qui lui conviennent, afin qu'il sache qu'il y a ici un réverbère, qu'ici on allume la lumière, et cela même l'attirera.
Et cela nous amène à un point intéressant qu'écrivit un jour le Rebbe Rayatz. Des 'hassidim écrivirent au Rebbe Rayatz deux arguments, ou peut-être deux questions : le premier, qu'ils n'ont personne à qui dire de la 'hassidout ; ils le veulent, mais il n'y a personne, il n'y a personne avec qui. Et le second, que même s'il y a des « clients », il n'y a personne pour dire ; les gens eux-mêmes ne se sentent pas suffisamment dignes et aptes à dire.
Le Rebbe Rayatz leur répondit ainsi : sur l'argument qu'il n'y a personne à qui dire, il faut se souvenir de la pensée que j'ai entendue de mon père, qu'il m'écrivit dans une lettre : « lorsqu'on dresse un réverbère, ceux qui le désirent se rassemblent ». Que veut dire « tu n'as personne à qui dire » ? Dresse un réverbère, et tu verras que soudain il y en a qui s'éveillent et qui veulent, et ils se rassembleront autour de toi.
Et sur le second argument, qu'il n'y a personne pour dire, et que tu sens que tu n'es pas concerné, le Rebbe Rayatz disait souvent : « je l'ai vu concrètement », qu'un homme qui pense ne pas en être capable commence, et qu'après un certain temps on voit soudain qu'il parvient à dire de façon merveilleuse et excellente, et qu'il provoque véritablement une renaissance, une résurrection des morts, dans tout son entourage. Il en va de même pour celui qui pense qu'il ne sait pas, qu'il ne peut pas et qu'il n'en est pas capable : il faut commencer à partir de son « je ne sais pas », et en fin de compte il verra que lui aussi peut accomplir énormément.