La vingt-deuxième « chambre » dans le palais du Hayom Yom.
Chabbat 11 Tevet 5703.
Chiourim : 'Houmach, Vayigach, septième lecture, avec le commentaire de Rachi.
Tehilim, 11 du mois, du chapitre 61 jusqu'au chapitre 65 inclus.
Tanya, on commence ce jour l'étude du chapitre 8 depuis son début, des mots « בעוד זאת » jusqu'aux mots « שעסקו בהן ».
L'enseignement du jour, dont la source écrite est en yiddish, est tiré d'une si'ha prononcée par le Rabbi Rayats à A'haron Chel Pessa'h 5702, alors qu'il se trouvait aux États-Unis, à Brooklyn. Dès son arrivée aux États-Unis, le Rabbi Rayats éveilla très fortement, avec une insistance extrême, l'idée que les Juifs répètent des paroles de Torah partout où ils vont, en pensée et en parole. Il en parla avec beaucoup de force : il faut réchauffer l'air de la rue et le purifier, et il dit : « Chacun peut apprendre au moins deux ou trois michnayot par semaine » - ce n'est pas énorme - « et les répéter par cœur afin de purifier l'air de la rue ». C'est à la suite de ces paroles que vient l'enseignement que nous avons devant nous.
L'enseignement dit ceci, traduit du yiddish : « La vie de l'homme dépend de l'air qui l'entoure. Sans air, c'est impossible, et selon la nature de l'air que l'on respire - telle est la vie ». L'air influence énormément la vie.
J'ajouterai qu'à cette même époque le Rabbi écrivit une lettre très intéressante à ce sujet, pour expliquer et renforcer ce point de l'étude par cœur et de la répétition des lettres. Cette lettre, imprimée dans les Igrot Kodech du Rabbi, explique en détail que la vie de l'homme dépend, de manière générale, de deux éléments : le manger et le boire, et la respiration. Et la respiration a une valeur plus importante encore que le manger et le boire, car le manger et le boire n'ont lieu qu'à certains moments de la journée, tandis que l'homme doit respirer en permanence.
Le Rabbi apporte différentes sources : de même que pour le manger et le boire, nous voyons que si l'aliment n'est pas cachère cela influence beaucoup l'homme - au point que cela peut le mener, à Dieu ne plaise, jusqu'à des questions de reniement - et de même la qualité de l'aliment l'influence aussi sur le plan matériel simple ; or, si pour la nourriture, qui n'est pas aussi indispensable que l'air puisqu'elle n'intervient que par moments, sa cachrout influence pourtant celui qui la mange - à plus forte raison pour l'air, bien plus nécessaire que la nourriture, que l'homme respire en permanence et fait entrer en lui. Pour l'air aussi il existe la notion d'un air qui doit être pur et propre ; et l'air devient propre et pur par le fait que l'on y prononce des paroles de Torah.
Lorsque l'homme répète autour de lui des paroles de Torah et les fait sortir de sa bouche - car les mots que l'homme prononce se prolongent dans l'air, et l'air les transporte partout où ils vont - cela fait que l'air devient pur. C'est ce qu'a dit le Rabbi Rayats : selon l'air dans lequel on se trouve - telle est la vie. Et il précise : « Quand on vit dans un air de Torah et de mitsvot - c'est une vie saine ; quand on vit dans un air de reniement - c'est une vie malsaine, avec une tendance permanente à contracter des maladies contagieuses » - des maladies spirituelles.
Et quel est le premier remède général qui purifiera l'air ? « Le premier remède général et fondamental pour cela est de purifier l'air » ; la première chose est de toujours nettoyer l'air. « La tâche de purifier l'air incombe à ceux qui savent lire et qui connaissent la Torah » - c'est à eux qu'il revient de purifier l'air.
[Chose intéressante : le Rabbi a introduit cet enseignement en 5703. Quelques mois plus tard, le Rabbi Rayats s'exprima de façon remarquable, partageant avec les gens des choses qui ne se voient pas à l'œil nu : lorsqu'il arriva aux États-Unis, il était rempli de désespoir face à la situation spirituelle, et voilà qu'il dit maintenant que, Baroukh Hachem, au bout de trois ans, l'air vicié s'est en quelque sorte dissipé avec l'aide de Hachem. Les élèves de la yechiva « Tom'heï Temimim », dit-il, ont réussi, en une heure bonne et propice, à ouvrir des fenêtres de Torah sur la rue, et sur cinquante coudées dans toutes les directions l'air est devenu limpide et pur. Ces paroles furent prononcées environ six mois après que le Rabbi eut introduit cet enseignement dans le « Hayom Yom », et il y témoigne que l'air du monde est devenu plus propre].
Poursuivons la lecture : comment purifie-t-on l'air ? « La purification de l'air se fait par les lettres de la Torah ». Et le Rabbi Rayats précise comment le faire - « Quand on se trouve dans un magasin, qu'on marche dans la rue, qu'on voyage en train - et que l'on dit des lettres de Torah, on purifie ainsi l'air », il purifie l'air spirituel par les mots qu'il fait sortir de sa bouche. « Chacun de ceux qui savent lire et qui connaissent la Torah doit retenir quelque chose par cœur : 'Houmach, Tehilim, michnayot, Tanya - de sorte qu'en toute occasion et en tout lieu il puisse penser et dire les lettres saintes de la Torah ».
Il y a ici une précision, et apparemment une précision juste : le Rabbi Rayats conclut que chacun puisse « penser et dire ». Or, que veut-il donc - que l'on pense ou que l'on dise ? Nous avons dit que la purification se fait par la parole, alors pourquoi distingue-t-il ici entre « penser » et « dire » ? Apparemment cela dépend de la différence entre la Torah écrite et la Torah orale. En effet, le Rabbi détaille 'Houmach et Tehilim - qui sont la Torah écrite - et michnayot et Tanya - qui sont la Torah orale. Or la halakha dit qu'on ne doit pas dire la Torah écrite par cœur, mais qu'il faut la lire uniquement dans le livre ; tandis que la Torah orale, il est permis de l'étudier par cœur. C'est pourquoi le 'Houmach et les Tehilim, qui sont la Torah écrite, l'homme doit les étudier et les connaître si bien qu'il puisse penser dans sa tête des versets de la Torah et des versets des Tehilim ; tandis que les michnayot et le Tanya, qui sont la Torah orale, ceux-là il faut aussi les dire effectivement.
Et d'ailleurs, cela apparaît explicitement dans une lettre : quelqu'un interrogea le Rabbi au sujet d'un maamar connu de l'Admour Hazaken dans Likoutei Torah, parachat Kedochim - un court maamar appelé « Vehadarta penei zaken » - dans lequel il est écrit que chacun doit graver dans la mémoire de son cerveau les cinq livres de la Torah. Le questionneur demanda : il est pourtant écrit qu'on ne doit pas étudier la Torah écrite par cœur, quelle est donc l'intention de l'Admour Hazaken ? Le Rabbi indiqua que l'intention n'est pas qu'il le dise par cœur, mais qu'il le grave dans la mémoire de son cerveau - qu'il l'étudie si bien qu'il sache y penser. La Torah écrite, il faut y penser, tandis que la Torah orale, il faut la dire effectivement, en la prononçant de la bouche, et purifier par cela tout l'air et tout l'environnement, le monde entier, afin qu'il soit un monde totalement pur.