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3 Tevet

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Le quatorzième « cheder » dans le heikhal du Hayom Yom.

Vendredi 3 Tevet, huitième jour de 'Hanoucca, 5703.

Chiourim : 'Houmach, Mikets, chichi, avec le commentaire de Rachi.

Tehilim, 3 du mois, du chapitre 18 au chapitre 22 inclus.

Tanya : en ce jour, on achève le chapitre 4, depuis les mots « velakhen amerou » jusqu'à la fin du chapitre, aux mots « 'hessed oumayim ».

L'enseignement du jour rapporte deux corrections et annotations portant sur des maamarim du sefer Torah Or. On sait que dans l'exemplaire du Torah Or dont se servait le Rebbe Rachab, celui-ci apporta de sa sainte écriture des corrections sur certains maamarim, et rectifia bien des choses; et le Rebbe avait coutume de recopier ces corrections et de les rapporter dans le « Hayom Yom ».

Examinons la première correction. Voici le texte du « Hayom Yom » : « Dans le Torah Or, dans le dibbour hamat'hil Tanou rabanan mitsvat ner 'Hanoucca » - la formulation qui y figure est « ki ein kedaï kol hadinim », et la correction indique qu'« il faut lire : ki kedaï kol hadinim ».

Voici le contexte de ces propos : la guemara du traité 'Haguiga (page 15b) raconte l'histoire d'Elicha ben Avouya, surnommé « A'her ». On dit à son sujet, au tribunal céleste, qu'après sa mort on ne le jugerait pas : on ne le jugerait pas dans le guehinom, et on ne le ferait pas non plus entrer au gan eden. La guemara explique qu'on ne le jugerait pas dans le guehinom parce qu'il s'était occupé de Torah, mais qu'il n'entrerait pas au gan eden parce qu'il avait fauté. A ce propos, Rabbi Meïr dit : mieux vaudrait qu'on le juge par les souffrances du guehinom afin qu'il puisse ensuite entrer au gan eden.

Dans le maamar du Torah Or, sur la parachat Mikets, dans l'un des maamarim de 'Hanoucca dont le dibbour hamat'hil est « Tanou rabanan mitsvat ner 'Hanoucca », il est expliqué au premier chapitre la grandeur du niveau des néchamot qui se trouvent au gan eden, lesquelles saisissent des perceptions divines très élevées. Sur cette base, on comprend les paroles de Rabbi Meïr au sujet d'A'her : pourquoi il a dit qu'il valait la peine qu'on le juge dans le guehinom afin qu'il mérite d'entrer au gan eden. Voici le texte du maamar : « ki ein kedaï kol hadinim néguèd taanoug hasagato ». Et le Rebbe Rachab corrige en indiquant qu'il faut retirer le mot « ein », et qu'il faut lire « ki kedaï kol hadinim » - c'est-à-dire « kedaï » au sens de « cela vaut la peine » : tous les jugements qu'il subira dans le guehinom valent la peine, afin qu'il puisse ensuite entrer dans la révélation du gan eden. Telle est la première correction.

Cette partie de l'enseignement a un lien particulier avec le chiour quotidien du Tanya du 3 Tevet, la fin du chapitre 4, où il est expliqué que la néchama, au gan eden, jouit du rayonnement de la Chekhina, le plaisir de la perception de la néchama au gan eden. Ici aussi, le contenu de la correction du Rebbe Rachab porte sur la grandeur du niveau atteint par la néchama lorsqu'elle saisit au gan eden toutes ces perceptions, et c'est pourquoi tous les jugements et toutes les souffrances valent la peine pour y parvenir. Telle est la première correction.

Venons-en à la seconde correction : « Là, le biour sur le dibbour hamat'hil Rani veSim'hi ». Dans cette même paracha, Mikets, dans le Torah Or, parmi les maamarim de 'Hanoucca, se trouve un maamar dont le dibbour hamat'hil est le verset « Rani veSim'hi bat Tsion ». Ensuite, comme cela est très fréquent dans les maamarim du Torah Or et du Likoutei Torah, il y a un « biour » sur le maamar, un maamar supplémentaire qui explique le précédent. Et dans ce biour sur « Rani veSim'hi bat Tsion », dans le « paragraphe commençant », le deuxième paragraphe, qui débute par les mots « Veata navo », se trouve la correction.

[Soit dit en passant, voici une chose intéressante : l'une des différences marquantes entre le Likoutei Torah et le Torah Or. Il s'agit dans les deux cas de maamarim de l'Admour Hazaken : le Torah Or sur les livres de Berechit et Chemot, et le Likoutei Torah sur Vayikra, Bamidbar, Devarim et Chir Hachirim. Dans le Likoutei Torah, le maamar est divisé en chapitres, et avant chaque chapitre figure son numéro en lettre (chapitre 2, 3, 4 et ainsi de suite); tandis que dans le Torah Or, bien qu'il y ait une division en chapitres, aucune lettre ne les numérote, mais chaque chapitre s'ouvre par des lettres en gros caractères. C'est pourquoi, lorsque le Rebbe rapporte ici une correction se rapportant au deuxième chapitre du maamar, il n'écrit pas « paragraphe 2 », mais « le paragraphe commençant Veata navo » - car c'est là la seule référence possible pour le début du paragraphe, puisqu'il n'a pas de numérotation en lettres].

Dans le deuxième paragraphe du biour sur « Rani veSim'hi », presque à sa fin, il est question du niveau élevé du Machia'h, et l'on y cite le verset dit à son sujet : « Hiné yaskil avdi yaroum venissa vegava meod ». Et pourquoi citer ce verset ? Il explique, selon le texte du maamar : « dehaïnou mipenimiout Atik » - Atik, comme on le sait, est la penimiout du Keter, et le niveau du Machia'h provient de la penimiout d'Atik même - « chehou penimiout alef alef », et cela se termine ainsi : « cham yihyé maalat Machia'h ». « Alef alef » sont des initiales, désignant en général « Arikh Anpin ».

Et le Rebbe corrige : « « chehou penimiout alef alef », il faut lire : « chehi penimiout alef samekh » », c'est-à-dire que les initiales ne doivent pas être « alef alef » mais « alef samekh », qui signifie « Ein Sof » - à savoir qu'il s'agit de la penimiout de l'Ein Sof. Car il ne convient pas de dire « penimiout d'Arikh Anpin », puisque « Arikh » est un niveau inférieur à « Atik »; et si l'on a dit auparavant que le Machia'h provient de la penimiout d'Atik, il ne convient pas de dire ensuite « dans la penimiout d'Arikh », qui est un niveau plus bas. C'est pourquoi il corrige : au lieu de « penimiout alef alef », il faut lire « penimiout alef samekh », qui sont les initiales de « penimiout Ein Sof ».

Qu'apprenons-nous de toutes ces corrections ? Que veut nous transmettre le Rebbe à travers elles ? Le Rebbe souhaite encourager chacun à étudier les chiourim quotidiens, et c'est là l'un des buts du « Hayom Yom ». Il y a les chiourim quotidiens du 'Hitat ('Houmach, Tehilim, Tanya), et il y a le chiour quotidien de la paracha 'hassidique dans le « Torah Or » ou le « Likoutei Torah ». La paracha 'hassidique de la semaine est la parachat Mikets, dans laquelle on étudie les maamarim de Mikets; et au fil de l'étude il y a des corrections, que le Rebbe signale. Par ces corrections mêmes, il fait passer un message : il faut étudier la paracha 'hassidique, afin que cette directive soit accomplie.

Il vaut la peine de relever un autre point intéressant : à Sim'hat Torah 5731, lors des repas dans l'appartement du Rebbe Rayats, le Rebbe raconta que lorsqu'on imprima le Likoutei Torah à l'époque du Rebbe Rachab, l'imprimeur travailla sur le livre avant l'impression et parvint à y apporter des milliers de corrections dans les maamarim, si bien que tout entra à l'impression de façon ordonnée et corrigée.

En principe, c'est une chose merveilleuse que le livre soit plus exact. Mais le Rebbe raconta que l'un des 'hassidim, Rav David Tsvi 'Hen, le « Radats 'Hen », rav de Tchernigov, n'était pas du tout satisfait de cette correction. Pourquoi ? Il soutenait que lorsqu'on étudie un maamar dans le Likoutei Torah, celui qui étudie doit peiner dessus; et une part de cet effort consiste précisément à buter sur un mot incompréhensible, à se donner de la peine, et à mettre longtemps avant d'en comprendre le sens. « Et maintenant », disait-il, « qu'on a corrigé toutes les fautes d'impression, il n'a plus l'occasion de peiner, et tout coule pour lui comme de l'eau » - il estimait donc qu'il aurait mieux valu ne pas corriger.

Cependant le Rebbe, des années plus tard, en 5740, le Chabbat de la parachat Vayetsé, revint sur la suite de cette histoire et dit que cela convient à un 'hassid du niveau du Radats 'Hen, qui peine et fait des efforts même lorsqu'il ne comprend pas; mais en principe, pour des 'hassidim de notre valeur, on connaît ce qui est écrit : un livre doit être vérifié et corrigé. Et si un livre n'est pas corrigé, c'est comme il est écrit au sujet d'un Sefer Torah : s'il n'est pas vérifié, il est interdit de s'en servir et interdit de le laisser tel quel, mais il faut le corriger. Et dans les livres de 'hassidout, au contraire, il faut apporter toutes les corrections, et il faudra malgré tout peiner pour comprendre le contenu des propos; mais les corrections elles-mêmes sont assurément des corrections nécessaires. Et c'est cela que le Rebbe veut faire entrer ici dans l'enseignement du jour : il faut absolument savoir quelles sont les corrections figurant dans le « Hayom Yom », et il ne faut pas rester bloqué dans l'étude, mais les choses doivent être claires et limpides grâce à cet enseignement. Ainsi se termine l'enseignement du jour.