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1 Shevat

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La quarante et unième « chambre » dans le palais du Hayom Yom.

Jeudi 1 Shevat, Rosh Chodesh, 5703.

Les chiourim : 'Houmach, Vayera, cinquième lecture, avec le commentaire de Rashi.

Tehillim, 1er du mois : on récite la première partie, du chapitre 1 jusqu'au chapitre 9 inclus.

Tanya : nous sommes au chapitre 15, que nous avons commencé la veille, et nous continuons depuis le mot « ובבינוני » jusqu'au mot « מרגילותו » à la page 21.

L'enseignement du jour : nous avons déjà vu précédemment, dans l'enseignement du 22 Kislev, que le Rebbe a rappelé la directive du Rebbe Rayatz concernant la récitation du chiour quotidien de Tehillim. Ce chiour quotidien de Tehillim est une takana que le Rebbe Rayatz a instaurée en 5687, l'année de son emprisonnement, et depuis lors il en a dit des choses tout à fait merveilleuses : combien grande est la force de cette récitation de Tehillim.

L'enseignement du jour est tiré d'une lettre du Rebbe Rayatz, qu'il écrivit au mois de Sivan 5693, six ans après que cette takana ait été lancée. Pour bien saisir le sujet, examinons la lettre originale dont l'enseignement est tiré. La lettre entière fut envoyée à un juif nommé Rav Magidson, qui était shlou'ha derabbanan et voyageait d'un endroit à l'autre : pour semer du spirituel et récolter du matériel. Le Rebbe Rayatz lui écrit une directive : comment parler avec les 'hassidim qu'il rencontrera et de quelle manière agir sur eux.

Dans la première partie de la lettre, le Rebbe Rayatz lui écrit à quel point il faut éveiller les 'hassidim à étudier la 'hassidout, et combien cela procure une satisfaction (na'hat roua'h) en haut. Il y a là aussi un point intéressant, qui n'est pas lié à l'enseignement, mais pour la complétude du sujet : il faut ouvrir les yeux des 'hassidim. Bien souvent, ils « crient », c'est-à-dire qu'ils écrivent un pan et demandent des choses touchant à la parnassa, à la santé et aux enfants, et l'on voit qu'ils ne reçoivent pas de réponse et n'obtiennent pas ce qu'ils demandent. Le Rebbe Rayatz dit que la raison en est que le 'hassid oublie son rôle et son devoir : avoir des chiourim de 'hassidout fixes. Car lorsqu'un 'hassid étudie la 'hassidout, il éveille une satisfaction chez nos maîtres les Rebbeim, et cela agit pour faire descendre l'abondance.

Dans la deuxième partie de la lettre, le Rebbe Rayatz lui dit : lorsque tu voyages d'un endroit à l'autre, enquête et vois ce qu'il est advenu de la takana instaurée six ans auparavant au sujet de la récitation quotidienne des Tehillim : que dans chaque minyan on récite après la prière le chiour quotidien de Tehillim, et que celui qui prie seul récite lui aussi le chiour du jour. Cette obligation incombe à chaque 'hassid et à chacun sans exception.

Le Rebbe Rayatz ajoute là un enseignement intéressant au nom du Tzemach Tzedek : la halakha dit qu'un kos shel berakha, lorsqu'on vient réciter le birkat hamazon et que l'on tient la coupe de bénédiction, doit être élevé d'au moins un tefa'h. Le Tzemach Tzedek a pris cette halakha et en a tiré un message intéressant : le roi David a lui aussi une coupe, comme il est dit « je lèverai la coupe des saluts ». Et quelle est la coupe du roi David ? Le livre des Tehillim. De même que la coupe de bénédiction matérielle doit être élevée d'un tefa'h, ainsi la coupe du roi David nous élève tous d'un tefa'h et nous relève, si nous prenons sur nous la récitation des Tehillim.

Et c'est dans ce passage qu'apparaît l'enseignement. Le Rebbe Rayatz écrit que « la récitation des Tehillim que l'on dit chaque jour après la prière » - cette coutume « ne fait aucune différence entre les synagogues d'Anash, longue vie à eux, et ceux qui prient selon le noussa'h Ashkenaz ou le noussa'h Polin, que D. leur donne vie », c'est-à-dire que cela concerne tout le monde, « et en raison de l'amour d'Israël ... et en particulier vu la grandeur de la récitation des Tehillim en public et de son intention intérieure, qui touche véritablement l'ensemble d'Israël dans le matériel, en enfants, vie et subsistance, et dans le spirituel ». Autrement dit, le Rebbe Rayatz dit qu'il voit que cette takana fait descendre l'abondance pour chacun et chacune en enfants, vie et subsistance : celui qui a besoin d'une bénédiction pour la parnassa, pour la santé et pour les enfants, dans le matériel le plus simple, les Tehillim sont un réceptacle et un canal pour faire descendre toute l'abondance. Et de même dans le spirituel : celui qui souhaite avoir la crainte du Ciel, la conscience, la compréhension et un lien avec les sujets du judaïsme. C'est pourquoi « nous devons nous efforcer par tous les moyens que cela soit institué dans chaque synagogue, quel que soit le noussa'h » : il faut tout simplement s'y appliquer.

Dans cette même lettre, le Rebbe Rayatz développe longuement que la récitation d'une grande quantité de Tehillim éclaire, réchauffe et purifie l'air. Il dit que lorsqu'on agit auprès d'un autre juif et que parfois l'on voit que l'on n'y parvient pas, pourquoi ? Parce que l'air est trouble. Mais quand l'air est pur, il est bien plus facile d'éclairer le monde et d'agir. Et comment purifie-t-on l'air ? Par la récitation des lettres des Tehillim.

Pour la complétude du sujet, il vaut la peine de voir un passage intéressant que le Rebbe a dit un jour lors du farbrengen de Shabbat Bereshit 5717. Le Rebbe y a raconté une brève histoire : le Rebbe Rayatz, à Rosh Hashana de l'année 5695, raconta aux 'hassidim ce qui était arrivé au Tzemach Tzedek à Rosh Hashana 5603. C'est-à-dire que le Rebbe Rayatz voulait accomplir quelque chose, et il l'a pour ainsi dire mis en parallèle avec le récit du Tzemach Tzedek survenu le même jour, et par ce récit il a effectivement agi.

Voici ce qu'il raconta : nos maîtres les Rebbeim avaient l'habitude, le soir de Rosh Hashana, de ne rien dire du tout pendant le repas, pas même des paroles de Torah, car chaque instant de ces jours est extrêmement élevé. Mais le Tzemach Tzedek raconta en 5603 que, lorsqu'il était un jeune enfant, son grand-père l'Admour Hazaken fit une chose inhabituelle le soir de Rosh Hashana 5569 : il appela son fils l'Admour Haemtsahi et son petit-fils le Tzemach Tzedek, et commença à parler de lui-même en disant : « Au cours de l'année passée, j'ai fait tant et tant de baalei techouva, tant et tant de juifs serviteurs de D., et tant et tant de tsadikim », et il indiqua même un chiffre. « S'il en est ainsi », dit-il, comme s'adressant au Saint béni soit-Il, « une récompense m'est due ; et la récompense qui m'est due, je l'exige ainsi : qu'un tel fils d'un tel ait une parnassa en abondance, et qu'un tel fils d'un tel ait la santé du corps. » Puis il se tourna vers son fils et son petit-fils qui se tenaient à ses côtés et dit : « Vous êtes deux témoins, et par deux témoins la chose est établie ; vous témoignez que cette récompense m'est due, et j'exige qu'il en soit ainsi. »

Tout cela, le Tzemach Tzedek le raconta en 5603, et c'est cela que le Rebbe Rayatz raconta en 5695. On demanda au Rebbe Rayatz : lorsque le Tzemach Tzedek raconta cela en 5603, voulait-il par ce récit accomplir la même chose à son époque ? Il était clair que tel était bien le but. Mais le Rebbe Rayatz ne laissa pas cela à l'état de supposition : lui-même, en 5695, au moment où il raconta l'histoire, dit ceci : voilà, on a institué la coutume de la récitation des Tehillim déjà huit ans auparavant, et si pendant huit ans tout le monde récite les Tehillim après le minyan, alors des millions de lettres de Torah ont été ajoutées dans le monde ; c'est pourquoi il demande que le Saint béni soit-Il donne en retour tant et tant de richesse au peuple d'Israël, au mérite d'avoir apporté au monde plusieurs millions de paroles de Torah.

Et le Rebbe Rayatz dit que la valeur des lettres de la Torah au temps de l'exil est bien plus grande. Un exemple : comme Avraham Avinou, qui, lorsqu'il donnait à manger aux gens dans le désert et qu'ils ne voulaient pas bénir, leur annonçait une somme exorbitante à payer, en disant que dans le désert la chose est plus chère qu'en ville. Ainsi, la récitation des lettres des Tehillim en exil vaut davantage qu'en des temps favorables. Et c'est pourquoi il exige du Saint béni soit-Il qu'Il donne une abondance immense.

Tout cela, le Rebbe le raconta en 5717 : ce que le Rebbe Rayatz avait raconté au nom du Tzemach Tzedek, qui l'avait raconté au nom de l'Admour Hazaken. Et alors le Rebbe dit, en 5717 : toute cette histoire s'est passée en 5695, trente-cinq ans auparavant ; et je ne sais pas si la récompense due pour ces millions de lettres dont parlait le Rebbe Rayatz a déjà été entièrement versée au peuple d'Israël. Mais même si elle a déjà été versée, depuis lors et jusqu'à aujourd'hui bien d'autres lettres de Torah se sont ajoutées, et l'on peut donc exiger davantage. C'est pourquoi le Rebbe exige que les gens aient, dans le matériel, l'abondance, une descendance vivante et durable, la santé du corps et la parnassa. « Et les témoins », dit le Rebbe, « tous ceux qui sont présents au farbrengen, vous êtes témoins », que le Saint béni soit-Il doit donner à chacun et chacune avec une grande largesse. Voilà des expressions puissantes, par lesquelles nos maîtres ont exigé combien grande doit être la récompense pour la récitation des Tehillim, et combien cela apportera, avec l'aide de D., une grande abondance à chacun. Amen.