Nous poursuivons la chaîne de la filiation, dans la cinquante-septième leçon, avec le récit de la vie du Rabbi - dix-septième partie, l'année 5717.
« 5717 - il enseigna le niggoun « Ki Anou Amecha » » Comme nous l'avons déjà vu pour les années précédentes, après la fin des hakafot de la nuit de Simchat Torah et après le repas de fête, le Rabbi entra au 770 au petit matin. Cette année-là, le Rabbi annonça qu'il distribuerait du machké à tous ceux qui prendraient sur eux d'augmenter dans l'étude de la 'hassidout, ainsi qu'à ceux qui n'avaient pas encore étudié la 'hassidout jusqu'alors et qui commenceraient à l'étudier. Pendant la distribution du machké, le Rabbi enseigna le niggoun « Ki Anou Amecha », tiré du piyout récité dans les prières de Yom Kippour.
De manière générale, il existe deux niggounim de « Ki Anou Amecha » que le Rabbi a enseignés : le premier ici, en 5717, et le second - comme nous le verrons par la suite - en 5723. Le niggoun que le Rabbi enseigna en 5717 est le « Ki Anou Amecha » le plus rapide.
« Il se rend (le dimanche 15 Tammouz) en visite au camp « Gan Israël » et y tient un farbrengen » Nous avons déjà vu précédemment que le Rabbi se rendait au mois de Tammouz en visite à Gan Israël, le camp des enfants. Cette année-là, en 5717, un nouveau terrain fut acquis pour le camp - jusqu'alors, l'endroit était loué. Lors du farbrengen au 770, le Chabbat de la parachat Pin'has, le Rabbi annonça à la fin du farbrengen qu'il avait l'intention de se rendre en visite au camp, et il dit qu'il ne s'agissait pas d'une conclusion mais d'une interruption, et que la suite du farbrengen aurait lieu au camp.
Une description intéressante de cette visite : le Rabbi demanda aux directeurs du camp de ne rien changer au fonctionnement du camp à son arrivée, car il souhaitait voir le camp tel qu'il était, de manière naturelle, et que les enfants soient habillés de leurs vêtements habituels, sans aucun changement. À mi-chemin, ils s'arrêtèrent à une station-service pour dire Tefilat Haderech, et le Rabbi sortit de la voiture, récita Tefilat Haderech à l'extérieur du véhicule, puis rentra. En arrivant au camp, le Rabbi fit d'abord un tour de tout l'endroit.
Dans la salle à manger se trouvait un panneau permanent indiquant l'usage de donner un « pourboire » aux serveurs ; le Rabbi vit le panneau, sourit, prit dix-huit dollars et les donna aux serveurs. Ainsi, le Rabbi passa dans toutes les parties du camp, et il fut très satisfait de l'ordre et de la propreté qui y régnaient. Ensuite, il entra dans la grande salle et tint un grand farbrengen dans la synagogue, à la fin duquel il distribua à chaque enfant un petit « Min'ha-Maariv ». De là, le Rabbi se rendit au second camp, le camp des filles - camp Emouna.
« Il fonde la Yechiva Loubavitch dans la ville de Toronto, au Canada » Cette année-là fut fondée la Yechiva Loubavitch de Toronto par le Rav Chlomo Ho'hner. En pratique, la yechiva ferma au cours des années puis fut réouverte par la suite, mais en réalité la Yechiva Loubavitch de Toronto fut établie en 5717.
La première chose qui apparaît ici : « 5718 - il enseigna le niggoun « Tsama Le'ha Nafchi » (« Ekh ti Dourin Marko » (en russe)) ». Comme on le sait, il existe deux niggounim de « Tsama Le'ha Nafchi », et celui-ci est le niggoun qui comprend les paroles en russe. Ici aussi, comme les années précédentes, le Rabbi entra après la fin des hakafot, avant la prière du matin, et enseigna le niggoun. À cette occasion, le Rabbi expliqua brièvement le niggoun, et lors d'un farbrengen ultérieur, le 11 Chevat, il l'expliqua longuement.
Brièvement, le Rabbi expliqua le sens des paroles en russe : on s'adresse au yetser hara, et on lui dit - tu es comme celui qui se trouve au marché et qui vient uniquement pour déranger, pour créer la discorde entre Israël et le Saint béni soit-Il ; tu n'achètes rien et tu ne vends rien, tu fais simplement du bruit. Lors du farbrengen du 11 Chevat, le Rabbi développa et expliqua les paroles : « Dourin » en russe signifie sot - comme il est dit du yetser hara qu'il est « un roi vieux et sot » ; et il se rend au « marko », c'est-à-dire la foire, l'endroit où l'on achète des marchandises. Ce monde est comme une foire, où l'homme est descendu afin d'y faire du profit, alors que le yetser hara arrive à la foire et ne fait que du bruit.
Et en réalité il a un but : que le Juif serve Hachem avec effort et labeur et qu'il tienne bon dans les épreuves. Mais on dit au yetser hara : si tu es utile - c'est-à-dire que tu ne fais qu'éveiller le Juif et qu'en fin de compte il l'emporte - alors tu remplis ta mission, et le Saint béni soit-Il te donne même une récompense ; mais si tu fais trébucher le Juif, tu finiras par être puni, car tu ne fais que du tumulte sans rien accomplir. Tel est le contenu du niggoun tel que le Rabbi l'a expliqué.
« Il éveille au sujet de la diffusion des sources etc., que cela se fasse à la manière de « Ouparatsta » » Cette année-là, à partir du farbrengen du 12 Tammouz, le Rabbi parla énormément, en de très nombreuses occasions, du fait que les actions d'un Juif doivent se faire à la manière de « Ouparatsta » - la diffusion du judaïsme sans limite, sans nous restreindre à certains domaines, mais simplement percer les frontières, selon les mots du verset « Ouparatsta yama vakédma vetsafona vanegba ».
« Il commence à imprimer les maamarim de l'Admour Hazakèn » À ce jour, il existe déjà une très longue série de nombreux ouvrages, et en 5718 le Rabbi commença à imprimer les premiers livres. Le premier livre qu'il imprima s'appelle « Hanachot Haraf » - initiales de « Rabbi Pin'has ». Le 'hassid Rabbi Pin'has Reizes, l'un des 'hassidim de l'Admour Hazakèn, était d'une grande précision, et il retranscrivit les paroles de l'Admour Hazakèn de manière exacte ; le recueil de maamarim qu'il écrivit est le premier des maamarim de l'Admour Hazakèn que le Rabbi imprima en 5718.
Un autre livre que le Rabbi imprima cette même année s'appelle « Et'halèkh Liozna » - des maamarim que l'Admour Hazakèn dit à Liozna ; et comme le premier maamar s'ouvre sur le dibour hamat'hil « Et'halèkh lifné Hachem beartsot ha'haïm », tout le livre s'appelle « Et'halèkh Liozna ». Ce sont les deux livres que le Rabbi imprima en 5718, et depuis lors, au cours des années, la série des livres de l'Admour Hazakèn fut achevée jusqu'au bout.
« Il fonde le Chikoun Chabad à Kfar Chabad » Le Rabbi écrivit à ce sujet de très nombreuses lettres et éveilla à ce que l'on établisse un chikoun (quartier résidentiel) à Kfar Chabad. Le village lui-même existait déjà auparavant, mais cette année-là le Rabbi demanda qu'on y ajoute un nouveau chikoun. Lors du farbrengen du 19 Kislev, le Rabbi le proclama publiquement, et dit qu'il avait déjà écrit à ce sujet auparavant de manière privée, et il exprima son espoir que désormais se réalisent concrètement la répartition du terrain et l'établissement d'un nouveau Chikoun Chabad à Kfar Chabad. Voilà ce qui apparaît au sujet de l'année 5718.