Nous sommes dans le Shalsheles HaYachas, leçon cinquante-deux, dans l'histoire de la vie du Rabbi, partie 12. Nous arrivons à l'année 5710.
« 5710 - veille du Shabbat Kodesh 9 Shevat - il publie, dans la série des kountreisim de son beau-père le Rabbi, le kountres « 10 Shevat 5710 » (maamar Bati LeGani) ».
Il faut rappeler que, durant ses dernières années, le Rabbi Rayatz ne disait plus de maamarim en public, en raison de la difficulté qu'il éprouvait à parler, et les maamarim paraissaient par écrit. Il s'agissait en général de maamarim dits des années auparavant, qui reparaissaient avec des modifications et des adaptations à la date de leur impression. Celui qui s'occupait de leur publication, de la rédaction des références et des notes en bas de page, était le Rabbi, sur instruction du Rabbi Rayatz.
À l'approche de la date du 10 Shevat 5710, jour du yartzeit de la grand-mère du Rabbi Rayatz, la Rabbanit Rivkah, l'épouse du Rabbi Maharash, le Rabbi Rayatz demanda que l'on publie le maamar commençant par les mots « Bati LeGani Achoti Kalah ». À l'origine, ce maamar ne s'ouvrait pas par ces mots mais par d'autres, et sa source remonte en fait à l'année 5683 ; seulement, le Rabbi Rayatz demanda de commencer par le passage « Bati LeGani », et c'est ainsi qu'il fut publié à l'approche de cette date, selon son instruction. La suite parut le 13 Shevat, jour du yartzeit de la mère du Rabbi Rayatz, la Rabbanit Shterna Sarah.
Ce maamar fut le dernier à paraître du vivant du Rabbi Rayatz. Il parut la veille de Shabbat, veille du 9 Shevat, et le lendemain, le 10 Shevat, survint la hisstalkous. Le Rabbi considéra effectivement le maamar « Bati LeGani » comme le maamar-testament du Rabbi Rayatz, et durant toutes ces années il parla des points qu'il contient comme d'une directive pour la mission de notre génération.
« Le jour du Shabbat Kodesh, parashat Bo, 10 Shevat, son beau-père le Rabbi quitta ce monde - et la couronne de la nessious lui fut imposée ». Le Rabbi prit la place du Rabbi Rayatz, même si, officiellement, il n'accepta la nessious qu'environ un an plus tard ; mais les 'hassidim le considérèrent comme son successeur dès le tout début. « Immédiatement après la hisstalkous - il console les 'hassidim et les fortifie pour qu'ils avancent dans la voie que leur a enseignée son honneur, la sainteté du Rabbi Maharayatz, que son âme repose en Eden ».
Le Rabbi encouragea beaucoup les 'hassidim, il leur parla et leur écrivit des lettres à ce sujet : bien que la hisstalkous ait eu lieu, il n'y aurait aucune interruption dans la voie et la sheli'hous que le Rabbi Rayatz leur avait demandées ; et cela se manifesta sur de nombreux points.
« Il continue de publier les écrits de son beau-père, ainsi que ceux de nos autres Rabbeim, les nessi'im ». Le Rabbi imprima encore des maamarim du Rabbi précédent et des maamarim de nos Rabbeim qui l'avaient précédé. En effet, le Rabbi précédent avait proposé au Rabbi, comme cela a déjà été mentionné pour les années antérieures, d'être à la tête de la maison d'édition, comme conseiller et organisateur de « Otsar HaChassidim » et du « Merkos L'Inyonei Chinuch ».
Le Rabbi continua de publier tous ces sujets, « en y ajoutant des introductions plus longues » - à chaque kountres qui paraissait, le Rabbi joignait un avant-propos et une introduction, et l'on y voyait véritablement une conduite pour la génération.
« Il diffuse des lettres générales » - le Rabbi envoyait des lettres générales à l'ensemble du peuple juif. La première lettre générale qu'il écrivit fut datée du premier jour de Rosh 'Hodesh Adar, environ trois semaines après la hisstalkous du Rabbi précédent, et il y encourage beaucoup à avancer dans la voie que nous a enseignée le Rabbi Rayatz. Il y écrit que, par le fait d'avancer dans la voie droite qu'il nous a enseignée, en nous liant et en nous rapprochant de lui, nous mériterons une double consolation, et que son honneur, la sainteté de mon beau-père le Rabbi, marchera à notre tête pour nous conduire, la tête haute, vers notre terre.
Au cours de cette même année, le Rabbi diffuse plusieurs lettres générales à ce sujet, « contenant des paroles d'éveil et d'encouragement ».
« Quant à ses farbrengens, il poursuit sa voie sainte comme par le passé ». Le Rabbi faisait des farbrengens déjà du vivant du Rabbi précédent, à des dates fixes, « (le Shabbat Kodesh Mevorchim HaChodesh et les yomei d'pagra, selon l'instruction de son beau-père) ». Telle était l'instruction du Rabbi Rayatz, qui écrivit au Rabbi que l'ordre du Shabbat Mevorchim est d'être un jour de récitation des Tehillim et un jour de farbrengen, et il lui ordonna même explicitement de faire un farbrengen chaque Shabbat Mevorchim.
C'est pourquoi, durant toutes ces années, il était habituel que le Rabbi fasse un farbrengen le Shabbat Mevorchim. Il y eut certaines périodes où, en raison de circonstances particulières, les farbrengens se tenaient à l'issue du Shabbat Kodesh, conformément à la directive du « Hayom Yom », selon laquelle si les conditions l'exigent on peut tenir le farbrengen à l'issue du Shabbat ; mais toujours autour du Shabbat Mevorchim, selon l'instruction de son beau-père.
« Des foules de 'hassidim et de Juifs de tous horizons commencent à affluer, buvant avec soif ses si'hos saintes ». Le Rabbi parlait et faisait des farbrengens, et la chose se répandit de plus en plus - pas encore de manière officielle, mais des 'hassidim et des Juifs venaient écouter ses paroles.
« Et on les met par écrit, puis elles sont corrigées par lui pour l'impression ». Tous les farbrengens étaient notés, et nous avons aujourd'hui entre les mains des notes des farbrengens du Rabbi de l'année 5710. La première fois que le Rabbi corrigea son farbrengen, et que celui-ci parut imprimé avec ses corrections, ce fut le Shabbat Mevorchim du mois de Sivan ; par la suite, cela se reproduisit un bon nombre de fois.
« Beaucoup s'adressent à lui pour demander ses saints conseils et ses saintes bénédictions ». Dans le livre « Yemei Bereishis », qui décrit tout le déroulement depuis l'année 5710 jusqu'en 5711, est également décrite la manière dont des Juifs entraient chez le Rabbi de façon personnelle, en ye'hidous, pour demander conseils et bénédictions. Le Rabbi les recevait tous - même s'il n'acceptait pas de tous, car il n'avait pas encore accepté la nessious - mais des conseils et des bénédictions, il en donna assurément déjà cette année-là.
« Il s'occupe avec une grande énergie de l'élargissement et de la diffusion des institutions de Torah et d'éducation fondées par son honneur, la sainteté de son beau-père le Rabbi ». Cette fonction, celle d'être responsable du « Merkos L'Inyonei Chinuch » et de la création des institutions, le Rabbi l'avait reçue des années auparavant, et il va de soi qu'il n'y eut là aucune interruption : elle se poursuivit malgré tout le bouleversement et le changement.
« Il fonde les écoles « Ohalei Yossef Yitzchak - Loubavitch » dans les pays d'Afrique du Nord ». Au sujet de la création des institutions au Maroc, il est raconté qu'au mois de Shevat 5710, l'un des 'hassidim qui avait quitté la Russie et se trouvait encore en France, à Paris - le Rav Michael Lipsker - reçut une lettre surprenante du Rabbi, peu de temps après la hisstalkous du Rabbi précédent.
Dans cette lettre, le Rabbi lui écrit que l'un des sujets dont le Rabbi Rayatz lui avait parlé dans les jours proches de la hisstalkous était l'éducation des enfants d'Israël dans les pays d'Afrique, et que son souhait était que l'on y fonde des antennes d'écoles et autres institutions semblables. Le Rabbi raconte encore que le Rabbi Rayatz lui avait dit d'écrire au Rav Lipsker de s'y rendre, d'organiser et de diriger le travail, et de s'y établir. Le Rabbi lui écrit tout cela, lui raconte que ce sont là les dernières paroles qu'il a entendues du Rabbi Rayatz, le guide sur la manière d'agir - y compris sur le plan financier - et lui demande une réponse rapide, s'il accepte de prendre ce travail sur lui. Bien entendu, il accepta immédiatement, et de là se sont ramifiées toutes les institutions Chabad au Maroc. On peut en voir le détail et le déroulement dans le livre « Toldos Chabad BeMaroko ».
Dans la dernière partie : « Il éveille à l'intensification des voyages pour la sheli'hous du « Merkos L'Inyonei Chinuch » (Merkos Shlichus) durant les mois d'été ». La notion de « Merkos Shlichus » commença en fait dès l'année 5703, lorsque le Rabbi éveilla les Temimim à se rendre, durant les périodes où l'on n'étudie pas à la yeshiva, pendant les vacances et autres, dans certaines villes d'Amérique, pour y examiner l'état du judaïsme et y agir.
Au début, cela était destiné à certains bo'hourim seulement, qui recevaient à ce sujet une instruction personnelle ; par la suite, dès 5708, le Rabbi en fit une décision générale, et demanda à l'ensemble des élèves que tous ceux qui le pouvaient mettent à profit les périodes possibles et se rendent dans les villes pour voir comment on pouvait y renforcer le judaïsme. C'est ainsi que cela devint, dans le langage des 'hassidim, le « Merkos Shlichus » - la sheli'hous du Merkos L'Inyonei Chinuch - et cela se poursuivit toutes ces années, s'élargit et agit : dans tous les endroits où il n'y avait pas de shlou'him permanents, les bo'hourim venaient l'été pour y agir, et par la suite beaucoup de ces endroits devinrent des centres permanents.
Et déjà alors, en 5710, le Rabbi éveilla à intensifier ce sujet et à agir dans le cadre du « Merkos Shlichus » pendant les vacances d'été, durant lesquelles tombent en général les bein hazmanim et les congés de la yeshiva, afin de les mettre à profit dans ce but.